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Les Sept Destinées ~ICI~



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 C'est vraiment la pause ?

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MessageSujet: C'est vraiment la pause ?   Jeu 29 Mai - 16:33

[Ange, Hydran et les autres élèves débarquent d' ICI]

La dame resta complètement impassible à ce que j'avais pu dire. Mais c'était là vérité ! Elle ne me croyait pas ? Peut être que d'autres avaient mentis avant ? Eh bien pas moi. Pourquoi alors me sourire et dire aux autres de m'imiter ? Je voulais pleurer, partir d'ici à toute vitesse et aller voir papa et maman. Je n'en pouvais plus de cette école ! Mais comment sortir ? Et puis il y avait Ange... Il avait tenu ma main si fort pendant tout ce temps. Surement qu'il voulait me donner du courage... pourquoi mes parents n'étaient pas encore là ? Il me semblait que cela faisait des jours que cela durait. Pourtant seules quelques heures me séparaient de ma venue en ces lieux. Je sortis de ma rêverie en entendant le mot "lecture". Je reçu un livre, "je pense donc je suis". Étrange pour un livre, mais bon, cela me faisait plutôt plaisir comme titre. Savoir que penser me rendait vivant, me rendait visible, c'était agréable. Et puis j'aimais les livres quels qu'ils soient. Les miens étaient nombreux ! Dommage que Ange ne puisse pas lire. La dame nous demanda de lire un passage chacun, sauf à mon ami évidemment. Je trouvais cela injuste qu'il ne puisse participer et songeait déjà que je pourrais lui faire de la lecture quand nous serions seuls. A coté de moi un élève inconnu de moi, finit son passage et je commençais le mien, heureux de passer à tout autre chose que ces terribles visions de tout à l'heure. je changeais rapidement mon esprit, la peur avait laissé la place à la gaieté en voyant ce livre, et la tension me quittais. C'était toujours comme ça, les émotions se succédaient si vite que je m'y perdais parfois cependant ce soir, tout me reviendrait, alors mieux valait profiter du calme présent. J'eus droit à un passage sur la rentrée des classes. le petit garçon dont nous lisions l'histoire aimait visiblement ce jour et en cela il me ressemblait. Bientôt, nous eûmes finit, et la femme me surprit, en demandant à Ange un petit résumé de ce que l'on venait de lire.

*Alors elle ne l'avait pas oublié ! Même Ange peut participer à sa façon à la lecture, c'est super*

Des étoiles plein les yeux, j'écoutais mon ami en lui serrant la main pour l'encourager à gagner en assurance et en confiance. Mais la dame n'était pas satisfaite. De toute façon les adultes ne l'étaient jamais c'était désespérant. Mais mon ami avait eu l'air mieux en parlant. Il avait d'ailleurs réussit davantage que dans le cours de Maître Veldrin, pourtant gentil lui aussi. Pourquoi ? ne trouvant pas de réponse, il faudrait que je le lui demande. J'avais aussi envie de dire merci à la dame mais tout d'un coup, en la voyant, me revint la terreur du début. Comment pouvait elle être aussi différente ! En tout cas pas question de lui dire quelque chose mais je ne la comprenais pas. Pourquoi nous horrifier de la sorte alors qu'elle savait manifestement être autre ? C'était trop compliqué pour moi mais mon esprit vif et qui ne s'arrêtait que peu, ne pouvait s'empêcher de penser. Ainsi, tenant toujours la main de Ange, je le guidais vers la sortie, à la suite des autres. J'avais compris que l'heure était à la récréation. J'avais presque du mal à y croire. Se détendre était permis ? jouer aussi ? Un grand sourire s'étira sur mon visage, et alors que nou suivions les autres dans le couloir menant à la récréation je pus enfin parler à mon ami.

- Cette dame est vraiment effrayante... je n'aime pas du tout ce qu'elle a fait au début, j'ai eu si peur ! en fait je pense que on avait tous peur, mais pourquoi elle fait ça ? on apprend rien là... Un instant je repris mon souffle. Pardon Ange de ne pas t'avoir dit plus tôt que je n'avais pas de magie en moi... je ne comprends même pas ce que je fais ici. Par contre j'ai...

Me rendant compte que je commençais à monologuer sans laisser Ange en placer une je me retins, et esquissais une grimace même si Ange ne pouvait la voir, c'était la gêne occasionnée qui me faisait réagir ainsi.

-Excuse moi, je ne te laisse pas dire un mot. Mais c'était tellement... bizarre ces cours ! D'abord Maître Veldrin et ses mots bizarres, d'ailleurs bravo, tu as été génial ! et puis cette femme qui me terrifie et nous fait lire un livre ensuite... Je n'y comprends strictement rien. Merci de m'avoir aidé et j'ai bien aimé ton résumé et puis j'aime bien ce Dyran il a l'air gentil. En fait...

Je monopolisais encore la parole, mais c'était pas possible ! incorrigible, l'angoisse me faisait parler encore plus que d'habitude. Pauvre Ange. Je devais me calmer, ne pas penser au cours mais à ce qui était sous mes yeux, car nous arrivions manifestement à la cours... moi qui espérait que ça serait à l'extérieur, c'était raté. Un soupir franchit mes lèvres. Manifestement c'était immense, comme à peu près tout ici. Je ne lâchais pas mon ami d'une semelle tout en lui demandant pardon une nouvelle fois et en l'invitant à s'exprimer. Lui aussi devait avoir des choses à dire après tant d'émotions ! mais il n'aimait peut être pas ça... Est ce que je le dérangeais en lui disant de me parler ?

* Stop ! plus de question tu laisses les choses se passer et tu verras, calme toi *

Oui oui ma conscience me parlait régulièrement. Et elle avait souvent raison. Forcément c'était la voix de maman ! Un sourire élargit mes lèvres. Cependant ce n'était pas le moment de plonger en pleine nostalgie, la cours de récréation nous attendait. On jouait à quoi ici ? Ce qui était sur c'est que je ne lâcherai pas Ange. je lui avais promis et il était mon ami, alors à moins qu'il ne me dise de m'en aller, je serais près de lui. D'ailleurs je ne comprenais pas pourquoi les autres étaient méchants avec lui. Le regardant, je souriais mais il ne pouvait pas le savoir. Alors envahis d'une inspiration soudain, je pris sa main et retraçait tout mon sourire avec elle. Après quoi je pus lui dire quelques mots.

- C'est grâce à toi Ange. Merci.

~ Il est 15 heures 33 ! ~
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MessageSujet: Re: C'est vraiment la pause ?   Sam 7 Juin - 13:18


Pour Ange, le cours de maitresse Yomika était sans conteste une source de peur ! Mais à choisir entre la crainte de s'exprimer au milieu de ses camarades, et la terreur d'une manifestation paranormale, sa décision était toute prise. Hydran ne pouvait pas comprendre ce que le jeune garçon éprouvait, quant à le lui expliquer... c'était exclu ! Ange était incapable de peindre ses pensées et ses émotions, à tel point qu'il en était devenu la victime. Alors quand Hydran se mit à lui parler sans discontinuer, il soulagea son nouvel ami sans même en avoir conscience. À l'écoute des paroles qui lui étaient adressées, nul tourment ne put assujettir l'enfant à leurs sinistres chuchotis. Cependant, toutes ces félicitations qui parsemaient les dires d'Hydran à son sujet, étaient de trop si l'on voulait l'avis de Ange ! Quelques compliments ça faisait toujours plaisir, mais au-delà... ça écoeurait ! Oh il ne lui en voulait pas, mais l'expression de son visage ne put retenir un rictus légèrement agacé. Peut-être s'en était-il rendu compte pour s'être stoppé aussi sèchement... Si tel était le cas, Ange ne pourrait que s'en vouloir.

- Non... Souffla t-il alors qu'au loin résonnaient des rires mélangés à des cris d'enfants, preuve que la cour était toute proche. Arrête pas de parler, j'ai.. j'aime beaucoup écouter. Le verbe propre aux langues de vipère lui nouait déjà l'estomac. Malgré l'habitude, Ange ne s'y faisait guère... la récréation était un véritable supplice ! Quoique, ça dépendait de la Soeur ou du Frère qui en avait la garde. Nombre d'entre eux laissaient les chamailleries opérées jusqu'à leur dénouement stupide. Dame Agnès lui avait alors expliqué que l'ennui était si pesant à la chapelle du Caprice, que ses membres trouvaient où ils pouvaient du divertissement pour ne pas perdre la raison... c'était une bien triste réalité. Paradoxalement, Ange leur préférait Soeur Poultchéry, au moins avec elle ; tout le monde se tenait !

Serrant à la hauteur de sa peur la main d'Hydran, il franchit la frontière puis entra dans la cour de l'aile sacrée. Quand soudain ! entrainé par les rouages de sa routine, Ange lâcha d'un seul coup sa prise, avant d'aller se réfugier dans un coin, là où habituellement on le laissait relativement tranquille. Bien que le côté relatif de l'enfant était plus que discutable... Une arrivée qui bien sûre n'échappa guère aux marmots avides de pleurs et de larmes !


La principale responsable de la souffrance de Ange se trouvait en la personne d'Oriée. Avant elle, les moqueries proférées à l'égard du petit aveugle étaient communes au monde de l'enfance. Mais à sa venue, tout a changé ! Charismatique, Oriée n'eut aucun mal à rallier l'étage du Caprice pour son intérêt personnel. Hélas, tous n'ont pas donné satisfaction, et la princesse qu'elle était ne pouvait le tolérer ! Elle finit avec le temps par assoir son emprise sur les plus récalcitrants, mais Ange demeurait incorruptible. Oriée avait pourtant tout essayé ; la gentillesse, la menace, l'humiliation, l'agression physique, la démonstration de sa force. Rien ne fonctionna ! Et aujourd'hui, elle était particulièrement remontée ! À savoir qu'entre le nouveau maître et l'autre qui avait osé s'opposer à Osiris, elle avait de quoi grincer des dents.

Depuis son groupe, Oriée attendit que le petit Andrastien pose ses yeux sur elle. Et à l'instant où il s'exécuta, elle entama une ritournelle ! - Un, deux ; Hydran doit faire ce que je veux ! - Trois, quatre ; si il ne se plie pas en quatre ! - Cinq, six ; Il finira en chair à saucisse ! - Sept, huit ; Avec laquelle on nourrira les huitres ! - Neuf, dix ; qu'il se le dise ! Sur ces jolis mots, la jeune fille s'en vint seule jusqu'au nouveau venu. - Alors comme ça tu es copain avec Ange ? Le doigt sous son menton, elle ajouta : Quelque chose me dit que vous êtes dans la même chambre, mais tu peux nous rejoindre, tu seras bien mieux avec nous ! Tu en dis quoi ?! Pendant ce temps, Osiris et trois de ses amis s'en allèrent auprès du petit aveugle pour lui tirer les cheveux.

Mais avant que Hydran n'est même l'idée de le défendre, sa mère lui apparut soudainement, assise sur les marches de l'escalier servant à descendre dans la cour sablonneuse. Elle le regardait et lui souriait tendrement. Délesté de toute logique, Hydran sera incapable de faire le rapprochement entre ce présent qu'il désirait par-dessus tout, et ses souvenirs qui étaient la gravité autour de laquelle sa raison orbitait. Quant à Ange, tout allait bien, pour une fois, personne ne l'ennuyait. Hydran pouvait donc bien s'accorder ce doux moment, tous ses sens le réclamaient !

~ Il est 15 heures 35 ! ~
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MessageSujet: Re: C'est vraiment la pause ?   Mar 15 Juil - 8:45

Oh... ce regard agacé sur la figure de mon ami.... oui il m'avait attristé. Je savais que je parlais trop, cependant c'était plus fort que moi surout quand l'angoisse demeurait. Mais alors pourquoi désirait il que je continue ? C'est ce que je fis mais en évitant de parler de lui directement, car il m'avait semblé que tout ce que j'avais pu dire auparavant l'avait gêné. Pourquoi ? j'aurais été si fier de moi à sa place ! Pour une fois... Enfin... Ange me serra fort la main en arrivant dans la cour fermée. Voulait il attirer mon attention ou bien avait il peur ? Je ne comprenais pas...Surtout qu'un instant plus tard il me lâcha pour aller rejoindre un coin que lui seul semblait apprécier.

-Eh att....

Je regardais  autour de moi, cherchant ce qui pourrait effrayer mon jeune compagnon. Je lui avais juré qu'il ne serait plus seul pourtant... Mon regard se posa finalement sur un groupe, à vrai dire quasiment toute notre classe. Et en son centre se trouvait Oriée, comme la princesse de tout ce petit monde. Elle commença alors à chanter tandis que je m'arrêtais, coupé en plein élan par ses paroles. Non mais pourquoi disait elle tout cela ? Elle s'approchait de moi, et je ne comptais pas reculer. les sourcils froncés je n'avais qu'une envie, la voir déguerpir au plus vite avant que je ne me contrôle plus. Sa question était stupide. Plaçant un doigt sous mon menton, elle rencontra mon regard. Et là, avant même que je ne puisse répliquer ou me rendre jusque Ange, qui allait passer un mauvais quart d'heure avec les amis d'Oriée, maman apparut là, juste là sur les marches de l'escalier ! Elle me souriait si tendrement. J'en fus bouche bée.

*ça y est, elle est venue me chercher, on va pouvoir enfin sortir de là mais.... Ange ?*

Tournant la tête, je remarquais que tout allait bien pour le jeune garçon, personne ne l’embêtait, il était tranquille pour une fois. Et il ne connaîtrait plus jamais la peur car j'allais l'emmener avec moi ! Oriée  et ses amis, je n'y pensais même plus, hop disparus. Il y avait juste, elle si jolie avec son sourire, et moi.

*Oh maman... * je fis quelques pas dans sa direction *Mais mais... on est à Andras ou encore dans la tour ? je suis perdu, si Ange est là c'est que... ou alors un cauchemar ? Oh maman...*

Stoppant net mes pas, mes yeux se remplirent de larmes. Je voulais vraiment faire un câlin à maman, cependant, d'autres paroles se mélangeaient dans ma tête et je ne savais plus ce qui était vrai ou non. "Ton papa et ta maman ne peuvent pas venir ici, tout comme toi tu ne peux pas retourner chez toi." Ça c'était Dame Agnès qui me l'avait dit, et c'était la seule dame gentille ici. Le dernier câlin de mémère aussi était là dans un coin de mon esprit. Et puis pourquoi Maman était là bas si souriante ? Pourquoi n'a t'elle pas un air fâché, et ne vient elle pas me prendre dans ses bras ? Maman, elle n'aime pas qu'on m'enlève à elle, et elle vient toujours me chercher, elle m'appelle, et me prend dans ses bras. pourquoi elle est si tranquille ?

*Et pourquoi je pense à tout ça... elle est là c'est le principal non ?*

J'avançais, puis je reculais, et encore ainsi plusieurs fois. je n'arrivais pas à aller voir cette femme. Pourtant c'était maman ! Mais.... dame Agnès et... tout le reste, ça faisait si mal, oui là dans ma tête, comme si on tapait sur moi avec une pelle. Je pris ma tête dans mes deux mains. C'était trop confus, trop compliqué. Tellement ressemblante à maman, et pourtant différente. Je voulais qu'elle vienne; Ne voyait elle pas combien je pleurais ? Je ne voulais plus voir ça, je ne voulais pas approcher, ici tout était trop bizarre et j'avais confiance en ce que dame Agnès m'avait dit. Je fermais alors les yeux, comme ça je ne la voyais plus. C'était une torture que de la voir là à ne rien faire pour moi. Non ce n'était pas possible que ce soit elle. Mais qui alors ? quelqu'un qui lui ressemblait beaucoup ? Lorsque j'ouvris les yeux elle était toujours là et ma tête allait exploser. Alors, par instinct, je me mis à hurler. Tout plutôt que de continuer comme ça. Et de toute manière si maman était là, alors elle viendrait. Car elle m'aimait.

- StooooOOOOP !

~ Il est 15 heures 38 ! ~
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MessageSujet: Re: C'est vraiment la pause ?   Sam 13 Sep - 16:10


Pendant ce temps là dans les couloirs du Caprice...

Durant presque une heure, le professeur Veldrin s'était employé à rendre la salle de classe plus vivable. Nombre de dessins d'enfants tapissaient désormais les quatre coins de la pièce. Ces oeuvres, il les devait à ses précédents élèves, il les avait toutes conservées, et parfois le soir avant de s'endormir, il les contemplait pour colorer ses rêves. Mais en voyant la tristesse des lieux, comme si les murs eux-même pleuraient. Il eut dans l'idée d'y ajouter un peu de gaieté. Les enfants qui résidaient dans cette tour en étaient également les prisonniers, et quoi de pire que de se faire enfermer à cause de sa propre nature ? La chaleur humaine était tout ce qui leur restait ! Veldrin avait définitivement pris conscience de l'importance de son cours, surtout après avoir constaté avec quelle froideur les petits loups étaient encadrés. Hormis Soeur Agnès, les religieuses n'avaient pas l'air très commode. Se cachant derrière leur bondieuserie pour diriger leur petit monde, les pensionnaires n'avaient pas le droit à l'erreur. Ce fut sur cette conclusion... tragique, que le jeune instituteur s'en alla se dégourdir les jambes afin de se familiariser avec son nouveau domaine.


- Maître Veldrin ! S'écria soudainement une voix dominatrice et sèche.

Se figeant, comme enserré par une main fantomatique, le professeur savait déjà de qui il était question. Il songea alors à l'effet qu'un enfant devait ressentir en l'entendant... Que pouvait-elle bien lui vouloir néanmoins ? Respectueux, Veldrin se retourna afin de la regarder dans les yeux.

- Soeur Poultchéry. Répondit-il solennellement pour ainsi faire comprendre qu'il était ouvert à toute discussion.

- Je vous apporte votre planning, prenez-en connaissance !

- Je vous sais gré de votr...

- Inutile Maître Veldrin, ayez l'amabilité de le feuilleter devant moi !

- Comme il vous plaira. Ajouta le professeur, prenant sur lui de ne point laisser l'agacement qui germait en sa matrice se lire sur son visage. Dès la première page, il comprit la raison qui poussa cette vipère à le lui remettre en main propre. Je ne suis pas sûr de comprendre Soeur Poultchéry, nul ne m'a informé que je serais de garde aux toilettes et à la récréation durant mes heures de liberté. Comprenez que j'ai besoin de ce temps pour préparer mes cours.

- Et comprenez également que vous n'êtes qu'à l'essai, Maître Veldrin. Rétorqua t-elle avec dédain. Votre période se passera sous ma tutelle, que ça vous agrée ou non !

- Soeur Poultchéry, sachez que j'ai pleinement conscience de votre autorité en ces murs, mais ce rang ne vous autorise pas pour autant à jouir de l'abus de pouvoir. Si vous ne me fournissez pas de véritable raison quant à mon nouveau planning, je serais contraint de prendre les mesures qui s'imposent. Répliqua Veldrin avec conviction.

- Vos menaces ne vous mèneront nul part Maître Veldrin. Mais si il vous faut une raison, la voici ; deux de mes soeurs sont malades, elles en ont au moins pour la semaine, et comme vous êtes le plus disponible, c'est à vous que revient une part de leur corvée ! Cela vous convient-il ou faut-il encore que vous escorte jusqu'à leur chevet ?! Soyez déjà heureux qu'on vous laisse exercer ici, surtout pour une étude aussi futile que la vôtre !

- Très bien, Soeur Poultchéry, je m'en tiendrais à mon nouveau planning. Mais alors qu'elle tournait les talons, le jeune professeur ajouta quelque chose... Je ne suis guère surpris que vous trouviez mon cours dénué de sens, mais si il vous venait à l'idée d'y assister, je me ferais alors un plaisir de vous recaler. Passez une bonne journée !

À cette entente, la Soeur se contenta de pincer des lèvres avant de disparaitre dans la chapelle. Veldrin se doutait bien qu'elle allait lui faire payer son arrogance, malheureusement pour elle, il s'agissait là d'un jeu qu'il ne connaissait que trop bien. Ceci étant dit, son planning à la main, Veldrin se référa au plan de la tour afin de se rendre jusqu'à l'aile Sacrée.


Quelques instants plus tard, dans la cour de récréation...

Sans qu'elle ne l'eut décidé, l'illusion qui submergeait l'esprit d'Hydran se dissipa, juste après qu'il eut s'écrié "STOP" ! Oriée fronça les sourcils, et comprit qu'elle allait devoir se montrer beaucoup plus subtile si elle voulait jouer avec lui. En dépit des apparences, il n'était pas aussi idiot qu'il y paraissait... Frustrée, la petite fille leva la main avec la ferme intention de la faire claquer contre la joue de son vis-à-vis ! Mais avec l'illusion qui s'en était allée, Hydran pouvait à présent voir avec quelle méchanceté Ange était traité depuis son coin. Le malheureux était recroquevillé sur lui-même, et pleurait silencieusement sous la torture de ses camarades...

~ Il est 15 heures 39 ! ~
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MessageSujet: Re: C'est vraiment la pause ?   Ven 19 Sep - 15:52

Je ressentis très vite un énorme mal de tête. Mais maman, elle, n'était plus là. Que s'était il passé ? C'est alors que je vis Oriée la main en l'air, prête à me gifler. Je ne comprenais pas bien la situation et encore moins ce qui venait de se passer ce qui eut pour effet de me laisser figé. je ne pus donc éviter la sensation de brûlure qui se propagea bientôt dans toute ma joue. Néanmoins je n'avais même pas frissonné. Non mon esprit était encore sur les escaliers, avec elle... Le coup porté prit quelques secondes pour me ramener à la réalité et je tournais de suite la tête. Ange ! Mon nouvel ami était bien là bas tel que je l'avais vu quelques secondes plus tôt mais il pleurait, recroquevillé dans son petit coin. Et les autres qui n'arrêtaient pas de l'embêter ! Pourtant juste avant... ouh ma tête... et puis d'abord pourquoi  les adultes ne faisaient ils rien ? Fou de rage à cause d'eux et de ce que m'avait fait Oriée, car je commençais à entrevoir ce qu'elle y était pour quelque chose, je courus en direction du groupe qui torturait le jeune aveugle. Je poussais le premier que mon corps rencontra et n'hésitais aucunement à tirer sur les vêtements de ceux qui m'entouraient.

- Partez ! laissez le tranquille vous êtes vraiment nuls de vous attaquer au seul qui ne peut rien faire !Criais je. Il y avait bien un mot pour ça je le savais mais impossible de m'en souvenir.  Ange ! Ange, relève toi je suis là.

Je venais enfin de l'atteindre et de pouvoir poser une main sur son épaule. je la caressais doucement. Peu importe si les autres s'en prenaient à moi, je protégerai celui qui m'avait accepté et qui était si doux. Je  désirais qu'il se lève pour montrer à nos camarades que malgré tout, il était fort. De cela j'étais certain mais eux devait l'apprendre. C'était pas le même genre de force... pas celle de taper. Une autre.

Je devrais remercier le capitaine pour toutes ces leçons car c'est lui qui m'avait enseigné tout ça. Le combat aussi même si je perdais souvent. Oui je me rappelais du mot maintenant ! lâche. Ils étaient lâches. Et moi ayant pris un bras de mon ami, doucement, et l'autre main toujours sur son épaule, je pleurais. Je ne m'en étais même pas rendu compte. Était ce la douleur, ou les autres qui nous entouraient ? je ne saurais dire et peut être que c'était tout en même temps. J'avais peur. Je ne voyais que Ange. Pourvu qu'il ne croit pas que je l'ai laissé...

- Pardon, pardon de n'être pas venu avant, je...j'ai...

Impossible de l'expliquer. Je ne m'étais pas assez concentré sur ce que j'avais vécu pour le comprendre totalement. Je servais de bouclier à mon ami. J'avais eu tant de mal à le rejoindre ! Il n'était pas question que je le laisse s'éloigner une autre fois. Dans ma tête tout se mélangeait. Maman, Oriée, les autres, la gifle, ma colère... il n'y avait que Ange de bien fixe et sur aussi, je m'y accrochais très fort. En d'autres mots j'étais un peu perdu.

~ Il est 15 heures 41 ! ~
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MessageSujet: Re: C'est vraiment la pause ?   Ven 26 Sep - 11:30

Bientôt, la cour de récréation devint le théâtre d'une folie que seuls les hommes à l'esprit balafré étaient à même de répandre ! C'était à se demander si il demeurait en semblant d'innocence dans le coeur de ces garnements. Accourant au secours de son jeune ami, Hydran se rua sur le petit groupe qui se riait du mal administré à leur implorante victime. Il donna des coups, mais en reçut également, il tira sur les vêtements des bourreaux au dépend de ses propres haillons... aucune atteinte à sa personne serait suffisante pour le retenir ! Cela devait cesser ici et maintenant ! Dépourvue du moindre surveillant, L'aile Sacrée appartenait aux enfants. Aussi, lorsque le jeune maître Veldrin entra en scène, la stupeur marqua son visage et enserra son coeur ! Ses élèves se comportaient comme des animaux, des piranhas ! Remarquant l'amoncèlement des pensionnaires dans un recoin de la cour, le professeur eut tôt fait de les rejoindre. Le petit Hydran se faisait marteler le dos par ses camarades, sa position était curieuse, mais Veldrin en comprit rapidement le sens lorsqu'il aperçut Ange dessous celui-ci...


Saisissant avec fermeté le poignet de deux des polissons qui s'adonnaient à la violence, Veldrin les tira jusqu'à lui ! Il n'eut aucun mal à les reconnaître. Osiris et Edmond étaient de toute évidence les brutes de la classe... Malheureusement, avec soeur Poultchéry hantant les couloirs du Caprice, il lui était impossible de faire valoir son autorité à l'intérieur du bâtiment ! Ainsi attendra t-il demain pour convenir d'une punition durant son cours. Mais avant d'entreprendre quoi que ce soit, il fallait déjà calmer les troupes. Ce fut alors que le jeune instituteur s'écria ! Sa voix couvrant l'intégralité de L'aile Sacrée n'eut aucun mal à surprendre l'ensemble des enfants...

- ASSEZ ! JE PENSAIS JUSQU'ALORS ÊTRE DANS UNE ÉCOLE ICI ! Veldrin se retint de dévoiler l'intégralité de ses ressentis, sans quoi, le terme Asile aurait été utilisé ! VOUS ALLEZ TOUS VOUS METTRE EN RANG ! ALLEZ ALLEZ ON SE DÉPÊCHE ! Intima t-il en tapant dans les mains. Votre étude sur l'histoire commence dans quelques minutes, mais je juge que vous vous êtes bien assez dépensés comme ça. Rejoignez sans plus attendre votre prochain cours ! Acheva le professeur en frappant derechef dans ses mains.

Sans un bruit, les élèves s'en retournèrent dans la tour laissant sur place leurs boucs émissaires en les personnes de Ange et Hydran. S'accroupissant devant eux, Veldrin s'assura dans un premier temps de leur bonne santé. Hydran saignait légèrement au front, alors que Ange souffrait d'un méchant bleu sur le dessus de sa main gauche. Pourquoi tant de violence... ? Le jeune professeur n'ajoutera jamais la deuxième question qui était ; et pourquoi eux ? Nul enfant ne méritait pareil traitement, et encore moins de la part de leur semblable !

- Ca va aller, ils sont partis maintenant. Avança Veldrin sur un ton des plus doux. L'un de vous peut me dire ce qui s'est passé ? Pour tout dire, le professeur n'osait pas les conduire jusqu'à la chapelle pour y recevoir des soins. Il estimait qu'en l'état actuel des choses le remède serait pire que le mal. À ses yeux, les enfants souffraient davantage au niveau psychologique qu'au niveau physique.

Cependant, à ce que laissait transparaitre Ange, soit un visage imperméable à l'ambiance extérieure, Veldrin savait d'ores et déjà qu'il ne dirait rien. Cette déduction le poussa tout naturellement à tourner son regard sur Hydran.

~ Il est 15 heures 43 ! ~
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MessageSujet: Re: C'est vraiment la pause ?   Ven 17 Oct - 16:03

J'avais mal partout. Pourquoi était ce si amusant pour eux de faire cela ? Personne ne se tapait dessus chez moi dans mon école, du moins pas en groupe. Non c'était toujours pour une histoire de vol, ou d'être meilleur que l'autre mais ici c'était différent. Ils se jetaient tous sur le seul qui ne pouvait rien faire. C'était injuste mais malheureusement tout seul je ne pouvais pas vraiment le protéger, je n'étais pas assez fort ! Enfin, au moins je pouvais lui éviter les coups. Je commençais à comprendre qu'il faudrait que je fasse attention à tout dans cette tour. Pour Ange et pour ne pas être comme eux. Mon dos me brûlait. j'essayais bien de penser à autre chose pour occuper mon esprit mais c'était dur !

Soudain la pluie de poings se tue pour devenir complètement inexistante. Et de suite après une grosse voix cria. Je l'aurais reconnue entre mille autres, c'était celle de maître Veldrin. Alors sans même écouter réellement ses paroles, je me laissais aller doucement. Je savais que c'était grâce à lui que les autres n'étaient plus au dessus de mon ami et moi. J'avais une totale confiance en lui sans le connaître réellement. Néanmoins son cours et son attitude n'avaient ils pas démontrés clairement que ce professeur était digne de ce sentiment ? Je fus bientôt à genoux, à coté de Ange. j'avais pris ses mains dans les miennes. Elles tremblaient ensemble. Je voulais qu'il me regarde, savoir comment il allait, j'étais si désolé de l'avoir laissé... Les larmes montaient. Non je ne pouvais pas pleurer devant les autres ! Ce fut alors que je remarquais le silence environnant. Et une ombre près de nous. Par instinct je voulus me relever afin de me préparer à défendre Ange. Mais non, ces cheveux, ces vêtements... c'était lui. Il se plaça à notre hauteur.

*Dis maman, pourquoi il n'y a que dame Agnès et maître Veldrin de gentil ici ? Tu es si loin... maman j'ai mal, je veux rentrer à la maison...*

Nous sachant en sécurité, j'avais laissé mon esprit vagabonder. Ce n'était certes pas une bonne idée car mes larmes coulaient à présent et j'avais honte. Mais maintenant je sentais vraiment tous les coups qu'on m'avait donné et l'image de maman sur les escaliers était revenue dans ma tête aussi. Tout avait disparu le temps de protéger Ange, seulement tout reprenait sa place à présent. La voix de notre professeur calma les sanglots qui menaçaient de s'emparer de moi. Son ton apaisa mon cœur affolé. Il voulait savoir. Mon regard se tourna vers mon ami, figé. Serrant ses mains dans les miennes, n'osant pas l'appeler, je décidais de parler pour nous deux. Pourvu qu'il aille bien...

- En ar... commençais je avant de tousser brièvement. En arrivant dans la cour, Ange est venu de suite ici et je voulais le rejoindre quand Oriée m'a parlé. A ce stade il me fallait une pause. Je ne comptais pas raconter les méchancetés de la princesse, seulement l'essentiel. Et d'un coup, j'ai vu ma... ma maman assise là bas sur les marches, Ange était bien et moi... je voulais demander à maman de nous emmener avec elle tous les deux. Encore une pause... c'était difficile de revivre cela. Bien plus dur que d'avoir mal au dos... Et puis elle a disparu et j'ai vu que les autres embêtaient mon ami alors j'ai essayé de l'aider.


Pour  le résumé c'était fait. Je détestais faire ce genre de chose. J'avais l'impression de rapporter, d'être faible et inutile à Ange... et en plus... vu comment nos camarades avaient réagis avant, que nous réserveraient ils après s'être fait crier dessus par maître Veldrin ? Je sentais que la fin de journée serait longue... Pourtant il fallait que je prévienne l'adulte.

- S'il vous plait... ne leur dites plus rien sinon...ils vont...ils vont recommencer. Je vais m'occuper de Ange et on va y arriver tous les deux.

Je lui sortis un sourire timide essayant de le convaincre alors même que je savais mes paroles fausses. J'étais loin d'être un garde du corps efficace pour mon ami. Cependant je savais à présent que ceux qui étaient dans notre classe étaient du genre à se venger. Même s'ils avaient été horribles. Avec un soupir, je baissais la tête puis regardait Ange.

-Tu viens Ange ? on... on va être en retard pour le prochain cours si on reste là.

Je m'en voulais de lui dire ça, pourtant avais je le choix ? Je savais que si sœur Poultchéry nous prenait dans les couloirs ça allait mal se passer. Et il n'était pas question d'espérer que le prochain professeur serait à l'image de cet homme devant nous. Aussi pour éviter davantage de problème, nous devions y aller. Mes larmes avaient séchées. Pour moi c'était un cauchemar qui ne voulait pas s'arrêter. Je voulais être à la fin de la journée dans la chambre que je partageais avec Ange afin de parler, voir comment il allait, et me sentir enfin mieux. Pour l'heure j'attendais. Je ne me lèverais pas sans lui. je caressais doucement ses mains comme pour l'apaiser. Je ne pensais pas que l'on pouvait s'attacher si vite à un ami. Pourtant je savais que je serais partout dans le sillage de Ange, à sourire et pleurer avec lui, que je connaissais depuis quelques heures à peine.

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MessageSujet: Re: C'est vraiment la pause ?   Sam 15 Nov - 14:04


Malgré ses années d'enseignement, la cruauté dont pouvait faire preuve les enfants surprenait encore Veldrin. Livrés à eux-même, les côtés les plus sombres de leur âme prenait le pas sur leur personnalité. Secrètement, le jeune professeur faisait une étude sur l'innocence. Inquiet pour la génération future, il voulait comprendre le mal responsable de tant de malheurs... Selon lui, une fille de l'âge d'Oriée ne pouvait se délester de son innocence aussi simplement que cela. Mais pour lui rendre son âme d'enfant, il allait devoir l'aider. Quant à Hydran, il avait su se montrer très brave, faire face dès son premier jour de classe à toute la haine de son groupe, ce n'était pas donné à tout le monde. Mais ce qui était autrement plus grave, c'était l'utilisation de leur talent pour assouvir ce besoin de destruction. Veldrin aimait beaucoup parler avec les images, il visait à travers ses illustrations, à responsabiliser ses élèves. Il tenait pour exemple sa propre enfance, il disait toujours qu'à ses yeux le monde avait deux visages ; un gentil et souriant, l'autre sévère et effrayant. Chacun de ces visages faisait face à une table qui servait de frontière entre eux et lui. À tour de rôle, les visages déposaient un outil sur la table. À chaque jour passant, la table se remplissait sans jamais déborder. Chaque outil avait une signification que lui était propre, mais ce que Veldrin aimait à dire ; c'est qu'au bout du compte, c'est vous, l'enfant, qui choisirez votre outil. Lequel sera t-il ?

Cependant, Hydran avait accepté de raconter l'histoire à la condition que Veldrin tienne sa langue. Car si ses camarades s'étaient comportés comme des piranhas à titre gratuit, qu'en serait-il avec une raison ? Cette crainte affirmée fit sourire le professeur, car aux yeux des enfants, les adultes étaient nés adultes sans être passés par la case "pipi-caca", ce qui était vrai dans la plupart des cas, puisque les grandes personnes oubliaient leur racine. Mais cette amnésie volontaire occultait également leur compréhension de l'autre, et pour cause ; l'important ce n'est pas de savoir où l'on va, c'est de se souvenir d'où on vient !

- Voyons Hydran... Reprit Veldrin en imposant ses deux mains sur ses petites épaules. Si mon intention était de vous mettre dans l'embarra, je me serais alors contenté de regarder. Je ne ferais rien qui puisse vous nuire à Ange et toi. Tu sais, c'est mon premier jour à moi aussi, et tout à l'heure j'aurais une réunion dans la salle des professeurs. Elle sera supervisée par soeur Poultchéry, et mon petit doigt me dit qu'elle va me faire payer l'arrogance dont j'ai tantôt fait preuve à son égard. Le visage souriant il poursuivit. Il ne suffit pas d'être petit pour qu'il nous arrive des bricoles, les grands aussi se font gronder par plus méchants qu'eux. C'est pour ça que je me sens plus proche des enfants comme vous ; car je me dis que les grands méchants d'aujourd'hui ont été quelque peu négligés dans leur enfance. Alors je mettrai tout en oeuvre pour qu'il ne vous arrive pas la même chose.


Même si encore secoué par ce qu'il venait de vivre, Ange ne perdit pas une miette de l'échange entre Hydran et maître Veldrin. Son ami avait raison, il était vraiment gentil, mais quelque chose l'intriguait... Il venait de dire qu'il allait se faire gronder, et pourtant... il ne ressentit aucune peur dans le coeur du professeur, comme si ça lui était égal... Un vilaine pensée l'envahit alors ; il mentait n'est-ce pas ? Il faisait semblant comme tous les faux gentils... pff c'était pas juste !

- M... mais ! Surpris par le son de sa propre voix, Ange ne put retenir d'avantage ses maux. Si.. vous allez vous faire.. disputer, pourquoi vous êtes... heureux ? De son caractère si doux ne pouvait découler nulle colère de sa bouche, mais il n'en pensait pas moins.

- Laisse-moi te dire un secret Ange. Se plaçant cette fois entre Hydran et le petit aveugle, une main sur l'épaule de chacun, il raconta : Il n'y a pas de petit malheur, un enfant fraichement abandonné par ses parents ne souffrira pas forcément plus que vous il y a quelques minutes. Mais il n'y a pas de petit bonheur non plus, si soeur Poultchéry venait à rire danser et chanter avec les enfants, ça ne me rendra pas plus heureux que ce moment partagé en votre compagnie. Le mauvais quart d'heure que je vais passer, ce n'est pour moi qu'une averse dans une journée ensoleillée. Chacune de ces averses me fait d'ailleurs d'avantage chérir les étoiles qui emplissent vos yeux à chaque découverte.

- Mais... vous êtes.. jamais... triste ? Reprit Ange les sourcils froncés par l'interrogation qui l'enserrait.

- Oh si, et bien plus qu'à mon tour... Répondit Veldrin en reprenant la marche qu'Hydran avait entreprit avant que Ange ne se prononce. Mais quand ça m'arrive, je me cache, comme un petit oiseau sous les branchages. Non pas par honte, mais pour ne point la communiquer.

- Ca... on peut donner de la tristesse en étant.. triste ? Questionna le petit garçon incertain.

- La tristesse est au moins aussi communicative que le rire, surtout auprès des enfants de par leur extrême sensibilité. Voyant alors à travers l'expression du visage d'Ange une culpabilité naissante, Veldrin ajouta : Mais il est bon de parfois partager sa tristesse, ça nous permet de ne plus nous sentir seul. Seulement, si celle-ci ne s'en va pas malgré tous les efforts de la personne qui partage cette tristesse, celle-ci finira pas se demander si sa présence est d'un quelconque soutien. La personne se dira qu'elle n'est pas plus utile que le mouchoir ou l'oreiller qui d'habitude épongent nos larmes.

Chacun des mots prononcé par maître Veldrin trouva un sens dans le coeur du jeune garçon. Pauvre Hydran, depuis son arrivée, Ange ne lui donna que de la tristesse, alors que de son côté il faisait tout pour le soutenir, et ce, sans même le connaître... Que devait-il faire ? C'était si difficile à présent d'être triste... mais.. comment être heureux aussi ?

- Nous y sommes, c'est votre prochaine étude. Annonça Veldrin au devant d'une porte close. On pouvait entendre le professeur faire son cours depuis l'autre côté, preuve que celui-ci avait déjà commencé. Aussi, lorsque l'instituteur voulut se retirer, Ange le retint en resserrant sa main tout en gémissant...

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MessageSujet: Re: C'est vraiment la pause ?   Sam 3 Jan - 9:23

Ce professeur décidément étrange, se mit à me sourire. J'oubliais très souvent qu'eux aussi, les adultes, étaient passés par l'enfance avant de devenir grands. Mais il me semblait que ces même personnes ne s'en souvenaient pas vraiment non plus. Apparemment, comme de rares adultes, Maître Veldrin lui, était différent. Et en plus nous avions un point commun ! Lui aussi il venait d'arriver ici. Et ce soir il avait une réunion... comment pouvait il sourire en nous annonçant ça ? Si sœur Poultchéry était méchante avec lui, il devrait avoir peur non ? ou au moins être un peu triste. Les sourcils froncés, j'essayais en vain de comprendre comment il pouvait sourire sans aimer ce qui allait  arriver... j'en ratais la suite de son explication et fut sortit de mes réflexions on ne peut plus compliquées par Ange.

Je retins un petit cri de joie et me contentait de sourire, les yeux pétillants, heureux de le voir s'animer à nouveau. Bien sur il ne parla pas du tout de ce qu'il s'était passé, cependant, il venait de poser la question qui me dérangeait quelques secondes auparavant. Alors on pensait la même chose ? Maître Veldrin se lança dans une explication mêlée d'images qui m’embrouillèrent un peu.

*Une averse c'est un problème,... le soleil c'est la journée entière, donc s'il y a un peu de pluie,  le soleil revient... c'est la journée qui gagne sur les problèmes vu que le soleil revient tout le temps... ça doit être ça.*

Il fallait savoir que tout ce qui était poésie ou image m'obsédait, car je détestais ne pas en comprendre le sens quitte à me perdre complètement dedans. Je pensais avoir vu a peu près juste dans les paroles du maître surtout quand Ange, plus vif ou moins compliqué que moi, continua son raisonnement. Nous marchions même si je ne m'en rendais pas compte. J'écoutais cette conversation qui était importante pour mon ami, je le sentais. Cela me rendait heureux... je le regardais et pensait que ça ne devait pas être souvent qu'un adulte prenne du temps pour lui. J'avais eu beaucoup de chance avec maman et papa. Même si je voulais vraiment qu'ils viennent ici.... Après un soupir, néanmoins ce fut à mon tour de prendre la parole alors que tous deux venaient de finir.

-Moi je ne suis pas vraiment d'accord. Parce que il ne faut pas cacher quand on est triste. Ou alors pas tout le temps. Les adultes veulent nous faire croire qu'ils sont toujours bien mais c'est pas vrai. lançais je d'une traite. Mes propres souvenirs de larmes cachées par ma maman, ou d'autres me revenaient. Je pense qu'on a le droit aussi de montrer qu'on est pas bien. Sinon ça veut dire aussi qu'on ment, même à nos amis alors qu'ils peuvent nous aider. On peut choisir à qui on le montre par contre.

C'était sortit comme ça... comment pouvais je être utile à Ange s'il se mettait à tout me cacher ? Comment serrer dans mes bras ma maman si je ne savais pas qu'elle était triste ? Maître veldrin aussi avait le droit de l'être, mais ça c'était mon avis. En attendant nous étions arrivés à notre prochain cours. Je lu la détresse à travers le gémissement de Ange. Il voudrait que le maître nous accompagne. A vrai dire j'avais un peu peur aussi. Cependant je ne savais que faire. un coté de moi pensait que nous devions rentrer seuls. Un autre criait en silence à être accompagné. Je choisis un compromis et regardait mon ami.

- Ange,... je crois qu'on peut y arriver tout seuls. Je vais parler pour nous deux. Même si je dois mentir un peu, je crois que les autres ne devraient pas voir à nouveau maître Veldrin avec nous. Oui, sinon on passerait encore pour faibles, ou pire, chouchoutés par un professeur... Si je voulais qu'ils arrêtent je devaus leur montrer que nous étions forts. Ange aussi le pouvait, en fait il l'était déjà mais il ne s'en rendait pas compte. Tu vas voir, je suis sur que tous le monde sera surpris de nous voir seuls. Moi aussi j'ai un peu peur mais ça ne sera qu'une toute petite averse non ? Je suis heureux d'être ton ami, tu m'apprends beaucoup de choses, alors le soleil, il reviendra.

Je souris à mon ami, même si mes mots étaient maladroits, ils étaient sincères. Et puis j'aimais bien cette image décidément ! Je pressais gentiment sa main, sachant de par son expression qu'il se livrait à des réflexions qu'il ne partageait pas pour le moment. Aussi je préférait lui laisser le temps de revenir à la réalité. En attendant je plaçais mon regard dans celui qui était devenu un protecteur, que je respectais et aimais déjà. je savais qu'il pourrait voir dans mes yeux ma peur et mon indécision. Un seul assentiment nous donnerait le courage qu'il fallait.

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MessageSujet: Re: C'est vraiment la pause ?   Mar 6 Jan - 3:16


La réticence du jeune Hydran n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd. Mais avait-il compris que Veldrin parlait seulement d'exagération ? Montrer sa tristesse avait du bon, ça oui, mais à ce que celle-ci ne se tarisse guère pouvait devenir un réel problème. Manquant toutefois de temps pour justifier ses dires, le professeur se contenta de lui sourire. Puis ce fut au tour de Ange de réagir... Veldrin en comprit immédiatement la cause en constatant les traits tirés sur son visage. Il avait peur d'entrer dans la classe alors que le cours avait déjà commencé. Une réaction des plus justifiées étant donné l'atmosphère régnant au sein de cette tour. Mais c'était sans compter sur le courage du brave Hydran qui, de lui-même, se proposait d'affronter ce qui les terrifiait. C'était effectivement la meilleure solution, non pas que Veldrin se défilait, mais il était crucial de se souvenir qu'il s'agissait de son premier jour. Et que par ce fait, il demeurait inconnu de ses pairs. Il ne serait hélas d'aucun soutien pour ces enfants en s'imposant de la sorte...

- Ton ami a raison. Chuchota le professeur après s'être mis à la hauteur de Ange. Tu sais, dans le courage, la taille et l'âge de ne comptent pas. Marquant une courte pause afin de s'assurer qu'ils étaient bien seuls, il pu ajouter : Je vais attendre derrière la porte, comme ça si il y a un souci, je pourrais venir vous aider. Tu veux bien ?


Malgré l'intervention d'Hydran plaidant le courage et l'assurance de maître Veldrin de les protéger, Ange eut du mal à y consentir. Jamais de sa vie il n'avait encore été en retard à un cours, et ce malgré les brimades de ses camarades. Alors entrer seul comme ça, tenant la main à un ami tout aussi fautif que lui n'était pas pour le motiver à combattre sa peur. Mais il sentait aussi qu'on ne lui laissait guère le choix, et vu que le supplice n'avait déjà que trop duré, il prit sur lui de toquer à la porte...

La réaction de Ange incita maître Veldrin à se faufiler jusque derrière un pilier afin de demeurer invisible à tous les regards pouvant surgir de cette salle. C'est alors qu'on put entendre une grosse voix retentir depuis l'autre côté de la porte : Entrez ! Malgré la peur qui lui tordait les entrailles, Hydran fut celui qui pressa la poignée...

[OUT : Étude sur les évènement historiques... ~ICI~Arrow]

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C'est vraiment la pause ?

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