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Les Sept Destinées ~ICI~



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 Liberté provisoire !

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MessageSujet: Liberté provisoire !   Ven 25 Mar - 17:34

[ Nous arrivons de juste ]

Alors que nous avancions vers un endroit dont je ne connaissais encore rien pour ne pas changer, mes pensées s'emballaient. Rester calme, écouter, suivre des cours abracadabrants, rencontrer des enfants doués de pouvoirs surnaturels... ça faisait beaucoup pour un jeune enfant. Et à vrai dire j'étais bel et bien épuisé. Je n'avais jamais connu pareille journée depuis ma naissance et je sentais presque comme si ma tête allait exploser. Je priais pour que les cours soient finis, qu'on nous laisse tranquilles un moment. Mais au vu de la direction, ce n'était pas à l'ordre du jour. Oui malgré mes étourderies je me repérais assez rapidement en de nouveaux lieux. Je m'évertuais à regarder les murs, l’architecture inconnue qui s'offrait à moi, y prêtant plus d'attention qu'à la normale et ce, afin que ce qui me servait de cerveau me laisse en paix. La main de Ange dans la mienne était mon seul réconfort ici, moi qui pourtant, avait de la chance en rapport avec certains autres enfants. Oui, j'avais une maman, et un papa qui m'aimaient tous les deux. Je pouvais penser à eux et à leurs sourires pour m'aider à avancer. Je possédais aussi de vrais amis dont un qui me suivait partout puisque entièrement produit de mon imagination. Je n'avais donc pas le droit de flancher. Même devant l'horrible monstre qu'était soeur Poultchéry.

Tout à mes réflexions, je remarquais à peine le fait que cette même femme était à présent tournée vers nous, prête à discourir. Ce fut sa voix qui brisa brusquement le fil de mes pensées. Je tournais la tête vers elle, pour l'entendre hurler sur Ange et moi.... Au bassin disait elle. Mais pourquoi ? Qu'est ce qu'il lui prenait ? On aurait pu croire qu'elle venait de s'apercevoir de son vrai visage dans un miroir. Mais non, elle nous dévisageait et nous sommait donc de partir aux bains et de...lustrer le sol. Complètement interloqué, je ne pus qu'ouvrir de grands yeux et rester là, sans bouger, incapable de comprendre ce qui se déroulait.

Heureusement, je sentis bientôt ma main être tirée dans une autre direction. Ange, qui semblait il, n'était pas plus étonné que cela, m'éloignait de là en direction, du moins l'imaginais je, des bains. Bientôt un bruit puissant se fit entendre et, me retournant, je remarquais que Poultchery comme nos camarades n'étaient plus là. Ils avaient passé une porte que je n'avais encore pas remarqué. A cela, Ange s'exprima enfin. Mais ses paroles ne m'expliquaient en rien ce qu'il venait de se passer. La seule chose que je pouvais comprendre à travers cela, c'était que l'autre vilaine soeur nous avait renvoyé à cause de lui d'une certaine manière. Mais alors pourquoi s'excuser ? Nous venions de lui échapper et avions un peu de temps libre n'était ce pas merveilleux ? Ma joie de me retrouver seul ici avec Ange, sans adulte ni les autres enfants, me prit de court. Comme j'étais soulagé ! Alors passant devant Ange pour l'arrêter, je lui pris les deux mains, et les bougea de haut en bas, de gauche à droite, bref, comme une petite danse. Je souriais à pleine dents mais cela il ne pouvait guère le voir.

- Mais Ange, ne t'excuse pas ! Commençais je d'une voix joyeuse, C'est génial.... nous avons échappé à soeur Poultchéry, nous sommes seuls et libres !

J'en étais presque bruyant, mais c'était plus fort que moi. Mon coeur battait tellement vite et ma tête se vidant de toute cette journée étrange, je redevenais moi même, j'avais le droit d'être Hydran, le petit garçon un peu peureux mais heureux de vivre. Néanmoins, après observation, je vis bien que mon ami n'était pas dans le même état. Il avait eu l'air terrifié... Je cessais alors mes jeux et me calmais. L'euphorie de l'instant était bel et bien passé car je pensais à présent à Ange. Et je ne comprenais toujours pas pourquoi justement nous étions là.

- Que s'est il passé là bas Ange ? Pourquoi nous a t'elle chassée et envoyé aux bains ?  Mon ton était toujours guilleret cependant je veillais a rester plus discret. Et puis... on allait où ? Tu sais j'ai vu que tu avais peur mais je n'ai pas compris tout de suite j'étais tellement content !

C'était difficile à expliquer tout ça... Le maître des émotions c'était maître Veldrin pas moi... Alors oui j'avais l'air d'une vraie girouette passant d'une profonde tristesse à la joie puis au questionnement, mais cette journée était elle aussi complètement folie à mes yeux. Aussi je ne m'inquiétais pas outre mesure de mon comportement, me concentrant davantage sur mon ami, un peu perdu. j'avais lâché une de ses mains tout à l'heure afin que nous puissions reprendre notre marche et à présent je caressais celle que je tenais toujours avec mon pouce. Je voulais l'apaiser, et comprendre. Mais par dessus tout, une image qui resterait gravée dans mon esprit de présenta à moi en imaginaire. Un souhait. Ange qui souriait, qui riait même, sincèrement heureux. C'était quelque chose que je désirais absolument voir arriver un jour. Comme dame Agnès me l'avait dit, je voulais prendre soin de mon nouvel ami lui qui m'avait accepté alors que je débarquais le matin même. Je me tus alors, laissant du temps à Ange alors que je profitais de ce petit temps qui nous était accordé, pour souffler un peu.
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MessageSujet: Re: Liberté provisoire !   Dim 17 Juil - 22:41


Depuis son arrivée dans la Tour, Ange n'avait jamais transgressé la moindre règle, jusqu'à aujourd'hui... Mais que pouvait-il faire d'autre ? Très intuitif, le jeune garçon était convaincu du bienfondé de son action. Quant à Hydran, hmm... que dire ? Il sut tirer parti de la situation offerte par son nouvel ami en manifestant sa première joie de la journée. Ange aurait voulu au moins lui rendre ne serait-ce qu'un sourire, mais il ne le put. Il savait que Oriée ne le louperait pas, outre le fait qu'il l'ait manipulée, il s'épargnait également le "cours" de Soeur Poultchéry, et ça... aucun de ses camarades ne l'oublieront. Il était bien sûr trop tard pour revenir en arrière, mais l'enfant ne parvenait plus à libérer son coeur de cette terreur qui le submergeait peu à peu... Oh ce n'était pas pour lui-même qu'il craignait l'avenir, mais pour Hydran. Ca faisait maintenant deux ans que le petit Ange était la tête de turque de sa classe, et son amitié avec le nouveau venu risquait fort de le condamner à ce même tourment...

Ce n'était peut-être pas une si bonne idée d'être ami avec un enfant aussi perdu et seul que Ange. Soeur Agnès pensait bien faire, mais elle ignorait ce qu'il vivait au quotidien. C'était décidé, il devait dire à Hydran qu'ils ne seraient plus copains tous les deux... mais, comment dire quelque chose d'aussi triste à quelqu'un d'aussi heureux ?! Allait-il au moins trouver le courage de lui répondre ?

- Je... je sais pas pourquoi elle nous a dit d'aller aux bains. Murmura t-il la tête baissée. Je voulais que Soeur Poultchéry nous dise de partir... je voulais pas qu'on rentre...

Une larme infidèle finit par l'abandonner à la fin de sa phrase, elle roula lentement sur son nez, puis, une fois arrivée sur la pointe de celui-ci, s'en détacha pour aller s'écraser contre le marbre du sol. D'autres manquèrent de suivre, mais d'un geste vif et maladroit, Ange s'effaça le visage d'un revers de manche comme une brosse pourrait le faire sur un tableau noir. Il cherchait toujours ses mots pour dire à Hydran qu'ils ne devaient plus être amis... Hélas, c'était aller contre sa nature, or, la pureté de l'innocence faisait qu'il lui était impossible d'exprimer ce que son coeur refusait d'accepter ! Aussi, ne pouvant parvenir à convaincre Hydran de ne plus l'aborder, ni même l'approcher à défaut de mots pour le dire, Ange choisit la seule option qu'il lui restait. La fuite...

Sans émettre le moindre son, le petit garçon arracha sa main de celle d'Hydran avant de se mettre à courir dans l'immensité du couloir, cela dit, toujours dans la direction du bassin... De dos, nul n'aurait été en mesure de dire que cet enfant était aveugle. Il galopait avec une telle agilité qu'on pourrait sans mal l'inscrire à une course de vitesse. Toutefois, l'heure n'était pas à la plaisanterie, car une fois parvenu à mi-chemin des bains, Ange, tourna brusquement sur la gauche afin de s'engouffrer dans les toilettes. Il y connaissait une cachette d'où il pourrait se dissimuler à la vue d'Hydran... Malheureusement pour le petit, les locaux n'étaient pas vides. Son empathie ne lui fut d'aucun secours étant donné que la seule chose à laquelle il songeait, c'était d'échapper à son ami qui ne devait plus être son ami...


Respectant l'assignation de Soeur Poultchéry, Veldrin effectuait sa ronde dans les couloirs mornes du Caprice. Et ce fut lors de son inspection aux toilettes qu'il fit la surprenante rencontre de Ange qui semblait fuir un fantôme ! Le jeune garçon ne prêta aucune attention à la présence du Maître, mais celui-ci ne pouvait pas ne pas réagir... Aussi, de son bras placé au niveau du ventre de l'enfant, il arrêta sa course puis le ramena à lui. Surpris, Ange se mit à hurler comme il ne l'avait encore jamais fait ! Un cri que l'on pouvait entendre du hall jusqu'à deux étages au dessus. Heureusement, le jeune garçon se calma rapidement lorsque Veldrin lui parla afin de se présenter à nouveau. C'est juste qu'il ne s'attendait pas à trouver quelqu'un ici à cette heure là...
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MessageSujet: Re: Liberté provisoire !   Mer 14 Sep - 16:01

Quel bonheur de profiter de ces instants de liberté loin de tout ce qui me rendait complètement fou depuis ce matin... Je fermais même un instant les yeux comme pour mieux me les représenter. En fait, je ne comprenais encore pas bien ce qui m'étais arrivé. Je courrais après ce que l'on me disait de faire mais je n'en saisissais pas le sens. Que faisais je ici ? Pourquoi Mèmère avait elle tant tenu à m'y emmener ? Quand papa et maman allaient ils venir ? Je ne ressemblais pas à ces enfants qui, s'ils n'avaient pas choisi d'être ici, avaient un don. La voix de cet homme mystérieux, Zoltos me revint en mémoire. Oui je n'avais pas à me plaindre néanmoins...

La voix d'Ange, du jeune garçon qui avait su me faire une place auprès de lui dés la première heure, coupa court à mes réflexions qui ne menaient qu'à la tristesse, aux larmes. Je ne compris pas bien sa réponse. Il disait ne pas savoir. Pourtant il avait voulu qu'on parte et l'horrible soeur nous avait laissé partir. Un éclair traversa mon esprit. Etait ce le pouvoir de Ange ? Mon ami avait il manifesté son don afin qu'on nous laisse en paix ? Pouvait il influencer sur les pensées ou les réactions des autres ? D'un coté j'avais du mal à y croire, sinon pourquoi se laisserait il traiter ainsi ? Cela ne se tenait pas. Je fronçais les sourcils, troublé par les paroles d'Ange. C'est alors que je vis ce que je crus être une larme couler sur sa joue. Je ne pus y prêter longtemps attention car il essuya brusquement son visage. Je sentais que quelque chose clochait. Je ne le connaissais que très peu c'était vrai et pourtant j'étais persuadé qu'il y avait un truc... Mais j'avais beau me creuser je ne voyais pas ce que cela pouvais être. Est ce que j'avais dis une parole blessante ? Ou l'avais je mis mal à l'aise ? J'étais totalement perdu et de ce fait, muet. Ce fut le moment choisit par Ange pour arracher sa main de la mienne et se mettre à courir...

-Mais... mais...

D'abord complètement sous le choc, je voulus l'appeler, crier, craignant qu'il ne se blesse dans sa course, après tout il ne voyait rien ! Aucun autre son ne franchit mes lèvres, et pour cause, je n'avais pas assez de souffle ! Mes jambes avaient réagis d'instinct et suivaient mon ami du moins selon leurs possibilités. Je ne connaissais absolument pas l'endroit contrairement à Ange. J'eus un réel soulagement en remarquant que même sans regard il était comme chez lui. Je l'avais remarqué plus tôt dans la journée, il n'hésitait jamais, semblant avoir un plan en tête, mais là j'étais bluffé.

*Ah !! Il vient de tourner à... là bas !*

Effectivement Ange venait de disparaitre de ma vue, après un rapide virage. Etait ce à gauche ou bien à droite ? Enervé de me prendre la tête pour une question aussi stupide dans un moment pareil, je ralentis vers ce que je croyais être non loin de l'endroit où mon ami avait bifurqué. Reprenant mon souffle, j'étais absolument nul en endurance, j'entendis un cri. Me fiant au son cette fois, je repartis au quart de tour, me demandant bien ce qui avait pu arriver au jeune homme... Ce fut en entrant dans une nouvelle salle que je freinais brusquement, manquant de m'étaler en avant sur... maître Veldrin !

-Haaa.... An...ange...haa...haa...

Haletant après cette course et la peur qui en avait découlé, je vis en effet notre maître devant moi, ainsi que mon ami. Je compris que les deux avaient du se rencontrer plutôt brusquement. Ce qui pouvait expliquer le cri. Des larmes coulaient à présent à flot sur mon visage. Je venais d'avoir la peur de ma vie, et ce juste après avoir vécu la pire journée ! Mes nerfs lâchaient tout simplement. Je ne les sentais pas, je n'avais d'attention que pour mon ami, que pour tout ce que je ne comprenais pas. Je n'approchais pas plus des deux personnes présentes, laissant mes sanglots silencieux inonder mes sens. Pourtant une chose primordiale m'arracha un sourire et quelques mots.

-Tu...tu vas bien... j'ai eu...eu... si peur...

Je mourrais d'envie de lui prendre la main mais il l'avait enlevée tout à l'heure... Je ne voulais pas le blesser, je ne désirais qu'être son ami. Et pas seulement parce que nous étions dans la même chambre ou que dame Agnès me l'avait demandé, non parce que c'était lui que je voulais choisir comme ami. On se ressemblait un peu, des intrus, des indésirables... je me sentais proche de lui. Je voulais le protéger, le voir sourire et rester avec lui. Devenir un des chiens d'Oriée et des autres qui semblaient ne rien respecter et se voir comme des dieux qui ont tout pouvoir, non merci. Alors que faire ? je n'en avais aucune idée, j'étais perdu...les mains tremblantes, je gardais la tête baissée, essayant de calmer le flot de tristesse qui s'étalait sur ma figure. Je passais moi aussi mes manches sur celui ci, à plusieurs reprises, ne sachant comment réagir, ni ce qui allait arriver à présent.
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MessageSujet: Re: Liberté provisoire !   Lun 2 Jan - 3:10


Le cri déchirant du jeune Ange résonnait encore dans les oreilles de Veldrin. Comme si tous les malheurs du petit garçon s'étaient exprimés au travers de ce hurlement. Mais la suite des événements n'en sera guère moins surprenante, car voilà qu'un autre enfant, lui aussi au pas de course, s'introduisait dans les sanitaires. Le professeur n'eut aucun mal à le reconnaître, il fut même rassuré par le visage larmoyant d'Hydran... Car jusqu'alors, Veldrin pensait que Ange fuyait l'un de ses camarades désireux de lui mettre une correction. Par déduction, mais aussi par habitude, il finit par comprendre la situation qui s'imposait à lui... Hydran était au moins aussi étranger que l'instituteur en ces murs, alors qui mieux que lui pouvait le comprendre ?

- Calme-toi Hydran. Demanda posément Veldrin tout en faisant passer Ange derrière lui. Reprend ton souffle, ton ami va bien et je ne vous veux aucun mal. Ajouta t-il après s'être mis à sa hauteur. Quel drôle d'endroit n'est-ce pas ? Finit-il par questionner afin de dédramatiser en faisant mine d'observer les alentours d'un regard amusé. C'est mon premier jour dans cette tour, et c'est ici que je dois passer mon temps libre... Poursuivit le professeur en lorgnant le plafond, d'ailleurs, toujours en observant celui-ci, il incita son vis-à-vis à faire de même. Regarde, la couleur est bien plus chaleureuse que celle de ma salle classe... Acheva t-il d'un ton déprimé.

Le bleu clair était pourtant enclin à représenter la tristesse, mais Veldrin ne le percevait guère de cette manière. Après quoi, il finit par se tourner vers Ange, puis, d'une main délicate, il le ramena à lui, le rapprochant ainsi de son ami.

- Dis-moi Ange, tu préférerais que Hydran reste tout seul ? Questionna le professeur en faisant fi des sous-entendus. Quoi que tu décides, je suis certain qu'il le comprendra... Susurra t-il tout en caressant la main de l'enfant avec son pouce.

Du coin de l'oeil, Veldrin remarqua l'inquiétude grandissante d'Hydran, et plus les secondes passaient, plus il redoutait la réponse. Mais le professeur savait ce qu'il faisait, et c'est en adressant un gentil clin d'oeil à son intention, qu'il le lui fera comprendre. Après tout, Ange n'était qu'un petit garçon, et la seule chose qu'il connaissait semblait n'être que les brimades de ses camarades. Il remarqua cela dans sa classe, mais également plus tard en pleine récréation. Ange voulait simplement protéger Hydran de ce qu'il vivait au quotidien... Il ne s'y prenait certes point de la bonne façon, mais il fallait reconnaître la grandeur d'âme dont il faisait preuve. Embrasser la solitude afin de préserver un ami de quelques heures, quel noble sacrifice... Veldrin était admiratif au devant de tant de bonté, alors que pourtant, Ange n'avait même pas encore ouvert la bouche.


Il avait peur et par-dessus tout, Ange ne voulait pas entendre Hydran pleurer suite à ce qu'il allait dire... Alors comment faire ? Si il s'obstinait à se taire, Maître Veldrin allait peut-être le battre... Il ne ressentait rien de tel le concernant, mais les adultes étaient vraiment très forts lorsqu'il s'agissait de faire semblant d'être gentils, et pour les plus sournois, ils parvenaient même à tromper son empathie. Répondre sera sans doute moins douloureux pour Hydran que de le voir se faire taper... Ce fut d'ailleurs sur cette seule conviction que la langue du jeune garçon finit par se délier.

- Je... je.. je préfère.. oui... pardon... Hydran... Balbutia t-il d'une voix tremblante.

Sans rompre le contact physique avec l'enfant, Veldrin mit d'avantage de douceur dans son élocution. - Alors tu vas l'abandonner ? À cette question pour le moins osée, voir cruelle, Ange tressaillit ! Mais non ! Ce n'était pas du tout ça, songeait-il sans pouvoir le crier. Je sais pourquoi tu veux le laisser, c'est parce que tu as peur que tes camarades s'en prennent à lui comme ils le font avec toi. Un "oui" à peine audible finit par se faire entendre, à cette frêle réponse, Veldrin lui expliqua alors la dure réalité des faits si cette fracture venait à se produire : Si Hydran reste seul, alors il n'aura plus d'amis. Car pour le moment il y a Ange d'un côté, et tous les autres de l'autre, or, Hydran a choisi Ange. Et tu sais bien que les autres ne le voudront plus maintenant qu'il a fait son choix. À deux vous serez toujours plus forts, vous pourrez vous soutenir dans les bons comme dans les plus tristes moments. Tandis que si vous êtes chacun de votre côté, ça sera l'enfer pour tous les deux. Un jour ça sera Hydran, le lendemain ça sera toi et ainsi de suite...

C'était un véritable crève coeur pour Veldrin que de dire ces choses, mais il savait qu'il ne pourrait pas les protéger comme il le souhaiterait. De plus, on lui avait bien assez fait comprendre que les enfants d'Atminam se devaient d'être autonomes... sans protection, sans amour, sans rien pour se construire à part eux-mêmes...

- Votre amitié a bien plus de valeur que les bêtises de tous ces polissons. Mais c'est à toi de décider Ange, Hydran t'a choisi et tu l'as accepté. Mais maintenant il va falloir donner une direction. Imageant comme à son habitude, Veldrin s'improvisa peintre dans l'esprit du jeune garçon. Devant toi s'étendent deux chemins, à droite ce sont toutes les bêtises dont regorge cette tour. Tandis qu'à gauche, un coeur se dessine à l'horizon, c'est l'avenue de l'amitié. De quel côté vas-tu faire route ?

Sur ces mots, le professeur lâcha la main de Ange, puis recula de deux pas. Ainsi, les deux chemins venaient de prendre forme dans la réalité. Hydran se trouvait légèrement sur la gauche de Ange, celui-ci pouvait d'ailleurs encore l'entendre à ses reniflements. Alors que Veldrin situé sur sa droite, représentait le silence pesant de la solitude... La main de l'enfant était restée suspendue après que le Maître ait rompu le contact, comme-ci elle espérait son retour. Mais il ne revint pas, et le vide commença à s'insinuer en lui... prenant alors conscience de ce qu'il se passerait si il abandonnait Hydran, il se précipita jusqu'à se dernier sans même afficher la plus petite hésitation ! Il enlaça son ami avec force... effrayer à l'idée qu'il finisse par partir après ce qu'il avait pu entendre. Ange s'était réellement pris d'affection pour Hydran, mais toutes ses émotions étaient également nouvelles pour lui, à tel point qu'il ne savait pas comment les gérer. De tout son être, il espérait son pardon... oh ça oui, il l'espérait...
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MessageSujet: Re: Liberté provisoire !   Mar 7 Fév - 15:20

La situation était totalement incompréhensible pour moi. En une journée, il se déroulait davantage de choses que ce que j'avais vécu durant mes courtes années. J'avais été abandonné là, puis un ami avait fait son apparition, tel un petit soleil dans ce milieu sombre qu'est la tour. J'avais appris qu'il était différent mais cela ne me dérangeait pas. Les autres le mettait de coté ce que je trouvais méchant et j'en avais moi même fait les frais. Et alors que nous nous étions aidés jusque là, soudainement, c'était lui Ange, qui perdait les pédales et s'enfuyait. Je me demandais encore ce que j'avais fais, ce que j'avais dis ou mal interprété pour qu'il me fuit comme si j'étais un monstre.

Ce fut maître Veldrin, que nous avions faillit renverser en arrivant qui prit la parole comme si lui, il avait compris ce qui se jouait sous ses yeux. En même temps n'était ce pas un professeur des émotions ? En fait mis à part la bizarrerie de se trouver en sa compagnie ici, c'était le plus doux des maître. Je ne m'inquiétais donc pas pour mon ami qui passait à présent derrière l'homme aux cheveux blancs. Me calmer... il en avait de bonnes lui ! mon monde s'effondrait une deuxième fois en moins d'une journée. Je fis tout de même l'effort de respirer un bon coup, de renifler quelques fois pour ravaler mes larmes, et l'écouter. Il se mit à parler du plafond... que je regardais à mon tour. Sa couleur ? hum... disons que je n' avais pas spécialement prêté attention à ce genre de choses... tant dans les salles de classe qu'ici. Pourtant le bleu était une de mes couleur préférée et je dois bien avouer que cela me faisait plaisir de voir quelque chose qui me plaise même entre ces quatre murs. Et il était drôle de se savoir aussi nouveau que le professeur. La voix de Veldrin me fit baisser la tête. Il avait ramené mon ami près de lui et lui parlait à présent.

*Quoi ?! mais....mais pourquoi Ange préférerait que je reste tout seul ?... en plus ça voudrait dire que on serait deux à l'être et puis...*

Je commençais déjà à me faire des films. Passant de manière nerveuse ma main dans mes cheveux, je me mordillais la lèvre et stressait sérieusement. Non... je détestais la solitude. J'en avais très peur. En plus je ne souhaitais pas que Ange le redevienne aussi. Maître Veldrin me fit un clin d'oeil. Hein... ça c'était le signe que les adultes utilisait pour faire comprendre qu'ils géraient la situation... Eh bien pas moi ! Je ne gérais rien du tout et je voulais comprendre... mes larmes menaçaient à nouveau de prendre le dessus à tout instant. La douce voix d'Ange s'éleva alors et je reculais de quelques pas. Je laissais aller ma tête vers le bas sans pour autant pleurer. Mes poings étaient serrés et j'étais bien décidé à faire valoir mon point de vue. Néanmoins le maître ne m'en laissa pas le temps. Il posa une question à mon ami que je ne compris pas. M'abandonner ? Ce n'était surement pas ce que voulait l'enfant si gentil dont dame Agnès m'avait parlé. Il avoua même que c'était pour que les autres ne s'en prennent pas à moi. Et alors que le professeur lui expliquait la réalité, je relevais la tête, sidéré. Tout ça afin que personne ne m'embête ? Mais quel.... comment dire sans que ça soit méchant ? En fait son prénom lui allait parfaitement. Il voulait être mon Ange gardien. Seulement je savais ce qu'il se passerait moi s'il me laissait seul. Je connaissais déjà le principe des groupes et des rejets à l'école.

Et ici, il n'y avait personne pour expliquer aux enfants de s'entraider, de ne pas laisser les autres derrière. Enfin si, il y avait maître Veldrin maintenant. D'ailleurs il continuait de discuter avec Ange, mais de notre amitié cette fois. Je prétais une oreille attentive, sans bruit et sans bouger. Le professeur fit tout un poème sur des chemins à prendre que je ne compris pas totalement. Je saisis pourtant que d'un coté il y avait la tour et de l'autre, moi. J'étais à...gauche oui c'est bien ça, puisque Ange était plus loin et à ma droite. Donc.. Oh et puis zut, on se fichait pas mal de ma droite et ma gauche pour le moment ! Pourquoi fallait il toujours que mon cerveau se mette à tourner sur des idées stupides durant des moments importants ? C'était mon ami qui devait choisir là. Peu importe les noms qu'on donnait aux directions. Et oui j'avais peur. Pourtant je ne voulais pas le montrer et je reniflais toujours afin de ne pas laisser couler les grandes eaux de mon coeur. C'est alors que je vis Ange se précipiter littéralement vers moi ! Instantanément mon visage rayonna et je passais mes mains autour du cou de mon ami.

-Oh merci Ange, merci ! Tu... tu m'as choisis moi Le déluge avait été libéré et mon visage était de nouveau inondé. Je serrai trop pas fortement le jeune garçon dans mes bras, laissant libre cours à mes paroles qui avaient été trop longtemps retenues. Je t'aurais pas laissé de toute façon..., je t'ai dis que tu serai plus jamais seul ! et...et... à deux ce sera toujours mieux. Je repris ma respiration afin de terminer, mais c'était vraiment gentil ce que tu voulais... me protéger moi. Tu es un vrai Ange. Et un vrai ami.

Sur ce, je décidais de ne pas étrangler le pauvre Ange qui s'était retrouvé coincé dans une étreinte assez longue. Je le relâchais doucement sans pour autant rompre le contact. Je gardais une main sur son épaule en reniflant à nouveau. J'étais soulagé... c'était phénoménal. Mon coeur battait à tout rompre au point ou j'en oubliais presque ou nous nous trouvions et dans quelle situation nous nous étions fourrés. Pour l'instant cela ne comptait plus à mes petits yeux d'enfant. La seule chose importante, c'était ce qui nous unissait, cet autre petit garçon et moi. Cette amitié. Je jetais un coup d'oeil à maître Veldrin pour lui lancer un Merci silencieux. Sans lui je ne sais pas si Ange et moi, on se seraient compris. Je lui était infiniment reconnaissant d'avoir été là, pile quand nous en avions besoin. A bien y réfléchir, le protecteur, l'ange gardien, n'était ce pas un peu lui ? Je lui souris à cette pensée, bien que toujours concentré sur mon ami et toute réaction que celui ci pouvait avoir. J'étais prêt à tout. Et je ne me laisserai plus surprendre ça non !
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MessageSujet: Re: Liberté provisoire !   Mer 19 Juil - 10:55


L'émotion entre ces deux petits était d'une intensité incomparable, on en oublierait presque le lieu du moment. D'ailleurs, Veldrin songea avec ironie : "Des toilettes plus chaleureuses et solennelles qu'une chapelle, je crois qu'il n'y qu'à Atminam que l'on peut observer un tel phénomène."  Hélas, aussi beau et doux qu'était cet instant, il se devait de prendre fin. L'heure du dîner se faisait désormais pressante pour les enfants, et d'après son planning, c'était soeur Poultchéry qui veillait sur la cantine, et ce, matin midi et soir... Déjà que la vieille femme n'avait pas besoin de raison pour se faire méchante, mieux valait alors s'épargner une provocation par le biais d'un retard.

- Je pense qu'il faudrait que vous retourniez au plus vite au devant des portes de la chapelle. Annonça le professeur, mais néanmoins désolé de briser la quiétude de ses élèves. Dans cinq minutes les plateaux repas vous seront servis, alors je ne puis que vous préconiser de courir, maintenant !

Le jeune Maître ne comptait pas les accompagner, et pour cause ; il ne désirait pas alourdir le fardeau des deux enfants en s'affichant à leur côté devant Poultchéry. Et afin de faire comprendre cela, il ajouta peu après : - On se voit demain en cours !


Sans même savoir comment, Ange comprit ce qui poussait Maître Veldrin à rester en retrait. Aussi, sans demander son reste, le jeune garçon se saisit de la main d'Hydran, puis le tira avec lui hors des toilettes afin de remonter le couloir jusqu'à la chapelle où le Soeur Poultchéry achevait son sermon. Mais une soudaine présence le fit tressaillir. Son échine s'électrisa d'un courant stressé et oppressant. Son ami ne devrait par ailleurs guère tardé à éprouver la même chose. Un couinement improviste s'échappa de sa gorge nouée, comme s'il s'agissait d'un trop plein qu'il ne pouvait contenir. Bon sang ! mais que pouvait-elle bien faire ici ?


Comme à son habitude, Yomika se rendait au Caprice pour y souper. Selon elle, les plats étaient plus soigneusement préparés à cet étage de la tour. Sauf que cette fois-ci, elle croisa deux de ses élèves dont le louveteau déambulant dans l'immense couloir à l'heure de l'éducation Sandriste. Voilà qui était... peu commun. Intriguée, alors que ces derniers faisaient désormais face aux portes de la chapelle, elle ne put s'empêcher d'aller à leur rencontre. Toutefois, se doutant de la terreur qu'elle avait immiscée en eux, la spiritualiste resta à bonne distance.

- Ce n'est pas dans les habitudes de Soeur Poultchéry de laisser les mioches déserter sa si fabuleuse éducation. Finit-elle par s'annoncer d'une voix peu amicale. Qu'est-ce que vous faites ici tous les deux ?

Cette question n'autorisait aucune absence de réponse, car si le mutisme venait à se produire, alors Yomika toquerait à la porte afin de se renseigner directement à la source. Chose qui risquait de fortement déplaire au fantôme du couloir, qui par la suite assouvirait une vengeance dont lui seul avait le secret. Hélas, trop soucieux de sa bêtise, Ange ne sut quoi répondre sur l'instant...
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