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Les Sept Destinées ~ICI~



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 Soir 1 : Un repas à la saveur aigre !

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MessageSujet: Soir 1 : Un repas à la saveur aigre !   Sam 2 Déc - 3:12

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Les mains lavées, le visage nettoyé, les Capricieux purent ainsi faire leur entrée au réfectoire. Soeur Poultchéry ne se lassait pas d'examiner chacun d'entre eux, des fois qu'un recoin aurait été oublié. Fort heureusement, Hydran et Ange n'eurent point de mal à passer cette étape, et ce, même si se faire tripoter sauvagement comme du vulgaire bétail par cette saleté n'avait rien de plaisant. Une table avec quatre de leurs camarades les attendait. Ce n'étaient pas les plus proches d'Oriée, au moins ça... Habitué, Ange fut le premier à prendre place, et quand viendra son tour, Hydran lui fera face.

Là encore on pouvait entendre une mouche volée. Pourquoi les enfants avaient-ils la tête baissée ? Pourquoi aucun repas n'était servi ? Pourquoi le fantôme du couloir restait debout à l'entrée ? Seul réconfort éventuel, Maître Veldrin était attablé non loin. Quant à Yomika, elle se trouvait juste à côté de ce dernier, et le contraste faisait peur à voir...
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MessageSujet: Re: Soir 1 : Un repas à la saveur aigre !   Mar 26 Déc - 13:50

Je n'étais déjà pas très rassuré, voilà que la dame qui fichait la trouille s'approchait et se plaça à ma hauteur. Quoique de si près, elle avait un visage plutôt... enfin moins effrayant. Était-ce car je me focalisais sur cette partie de son physique ? Quoi qu'il en était elle me sortit une phrase qui me rendit presque fier. Moi courageux ? Je me trouvais surtout pleureur et lâche, surtout à coté de Ange. Par contre en avoir besoin ici, ça je n'en doutais aucunement. Le capitaine avait bien fait de m'accompagner car il me faudrait tout ses apprentissages pour nous en sortir, tous les deux, avec mon ami.  Enfin, sa main se tendit, paume vers le haut, et alors que je craignais ce qu'il allait se passer, de belles vibrations naquirent de sa main avant de se transformer en images...

*Maman...*

Aucun son ne sortit de ma gorge mais c'était bien elle, me bordant, le dernier soir avant que je ne parte... d'instinct je tendis ma propre main vers l'illusion mais déjà tout était finit. Les larmes avaient eu le temps de me monter au yeux et pourtant je ne rêvais pas. La dame, celle qui me faisait peur, me souriait à présent. Presque comme si elle comprenait ce que je ressentais. Alors qu'elle se relevait et se préparait à continuer sa route, je voulus la remercier, mais n'y parvint pas. Elle m'avait d'une part consolé, rassuré, et d'une autre elle m'avait montré quelque chose que j'avais oublié en une après midi. Il ne faut pas juger aux apparences. Bien sur on me l'avait enseigné, et je comprenais ce principe seulement,... déstabilisé et sans repères, j'avais un peu tout oublié dernièrement. Je rangeais donc en mon esprit la jeune femme avec Zoltos, que je respectais lui aussi. Maître Veldrin, tout comme Dame Agnès étaient bien au dessus de tout cela encore.  Tout cela ne durant que quelques secondes, je pus répondre à Ange sereinement.

- Oui... je te raconterai.

Forcément nous n'avions guère le temps de discuter. La porte de la chapelle s'ouvrait et si j'avais classé soeur poultchéry à l'opposé exact de Maître Veldrin ce n'était pas par jugement hâtif j'en était certain. Cela me fit presque sourire, et je pris la main de mon ami, la serrant doucement avec bienveillance. La vision de ma maman un peu plus tôt m'avait fait énormément de bien au moral.Le fantôme nous passa en revue puis tout en frappant dans ses mains nous enjoignit à aller nous décrotter. Je ne compris pas la fin de la phrase mais n'y prêtant pas d'attention particulière si ce n'est qu'il fallait mieux éviter "La leçon", je suivis le groupe avec mon ami.

Une fois de plus nettoyés jusqu'aux oreilles, nous devions nous rendre au réfectoire. J'avais essayé d'aider Ange mais il se débrouillait aussi bien que s'il voyait son visage. je l'admirais tellement. Une fois arrivés, et alors que je mourrais littéralement de faim mais craignais aussi cette étape de la journée, soeur Poultchéry se fit un devoir de vérifier une fois de plus notre état. Quelle horreur... je fis de mon mieux pour ne rien montrer de mon dégoût quant à son tripotage et songeait pendant ce temps à ma maman que je nommais encore et encore tel un mantra. Je suivis ensuite Ange qui, une fois de plus me bluffa en nous menant à une table contenant des places libres. Encore mieux, aucun ami d'Oriée ne traînait dans les parages. Je pris place donc, lui faisant face.

Puis je surpris le silence. Jusque là, je n'avais rien remarqué mais à présent que j'étais observateur de la scène, je voyais bien que personne ne pipait mot. Aucun repas n'était servi, et soeur Poultchéry ne bougeait pas de son poste, devant la porte. Que se passait il ? Manquait il des pensionnaires ? Non pas que je commençais à m'angoisser hein, néanmoins... je n'en étais pas loin. Je remarquais maître Veldrin attablé non loin et la dame moins effrayante à coté de lui. En d'autres circonstances j'aurais certainement éclaté de rire, à savoir que le contraste était beau à voir. Seulement au vu de la situation je ne fis rien d'autre que détourner la tête en souriant à l'intérieur de moi. Je regardais alors Ange, n'osant pas lui poser de question car tout serait entendu dans une ambiance aussi... silencieuse. Puis comme chacun, j'attendis la suite des événements.
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MessageSujet: Re: Soir 1 : Un repas à la saveur aigre !   Mer 7 Fév - 2:01


Chaque étage avait son dirigeant, et celui du Caprice n'échappait guère à la règle... Beaucoup pensaient à tort que Soeur Poultchéry en était la responsable, mais seul un homme pouvait jouir de ce droit au sein d'Atminam. Il ne paraissait que très rarement en présence des enfants, mais ce soir là, le directeur fit son entrée au réfectoire. Manifestement attendu, le fantôme du couloir fut la première à l'accueillir. Son visage était grave, et sa taille relativement chétive. Cependant, son aura dégageait une force qu'aucun môme ne pouvait comprendre ; était-il un gentil, au bien un méchant ? Toujours en silence, il s'avança dans la rangée centrale, regardant tour à tour chacun de ses petits pensionnaires. Puis il s'arrêta à la table d'Hydran, posant doucement sa main sur son épaule, il ajusta ses mots...

- Nombre d'entre vous ne m'ont encore jamais vu, aussi je me vois dans l'obligation de faire les présentations. S'annonça t-il d'une voix dénuée de chaleur. Je suis Frère Cokrane, et ma fonction est de présider l'étage du Caprice sous toutes ses formes. Une inspiration encombrée fit office de pause à son discours... Or, si je suis parmi vous en ce moment, c'est pour vous faire part de mes nouvelles réformes ! Soeur Poultchéry le suivait comme son ombre, et toujours sans savoir de quoi il allait être question, la main sur l'épaule d'Hydran se referma avec force, puis, l'incita à se lever devant tous. La première concerne les nouveaux tel que lui, tout au long de sa première semaine, il devra s'attabler là-bas ! De son index il désigna un coin vide de toute installation. Oui, tu mangeras debout afin d'aider ton organisme à digérer la nouvelle pitance, une semaine ce n'est pas grand chose à ton âge.

Remettant l'enfant aux bons soins de soeur Poultchéry, Frère Cokrane poursuivit sa marche jusqu'à la table de maître Veldrin et maîtresse Yomika.

- Dans un souci d'équité, il en ira de même pour les nouveaux enseignants. Professeur Veldrin, dit-il en secouant une mèche de ses longs cheveux argentés. ayez la bonté de vous joindre à votre élève. Veldrin, choqué parce qu'il venait d'entendre fut interrompu dans son envie de réagir par la main de Yomika effleurant la sienne. S'attirant ainsi son regard, la jeune femme lui signala d'un "non" de la tête aussi discrètement que possible de ne pas résister à cet individu. Encore un tyran devant lequel il fallait s'aplatir, c'était bien ça ?!

Ce fut donc sans discuter que maître Veldrin s'en alla rejoindre Hydran si gentiment installé par la soeur la plus infâme qui lui ait été donné de connaitre. Si il n'avait pas contesté, ce n'était pas seulement dû à l'intervention de Yomika, mais surtout par souci de ne point causer plus de tort à ces pauvres âmes innocentes. Qui savait ce qu'un homme de pouvoir désertés de tout coeur et toute raison était capable de faire lorsqu'il était en proie à la frustration... Le jeune professeur en eut un aperçu avec le fantôme du couloir, nul besoin de réitérer l'expérience avec un être plus dangereux encore.

- Ne faites pas cette tête d'enterrement, ce n'est que pour une semaine ! S'indigna le dirigeant.


Après deux ans et demi passé à cette étage, Ange avait entendu parlé de Frère Cokrane, mais jamais encore ses oreilles n'avaient pu relever sa voix. Seulement, quelle que pouvait être son importance à Atminam, c'en était juste trop ! C'était quoi encore ces règles empruntes d'une méchanceté sans nom ?! Même si il était dans l'incapacité de l'expliquer, Ange savait que ce n'était pas juste, et n'entendait pas laisser les choses se poursuivre ainsi...

- Alors je suis nouveau moi aussi ! S'écria tout-à-coup le garçonnet sans même bégayer. Et pour prouver le sérieux de ses dires, Ange se leva avec la ferme intention de rejoindre Hydran et maître Veldrin tapis dans leur coin.

Une révolte qui n'était pas pour plaire au directeur du Caprice, ce fut alors qu'il intercepta l'indocile afin de lui administrer une gifle magistrale ! Dans un cri de surprise, l'enfant s'écroula en se heurtant violemment la tête contre la table où trônait Oriée. La fillette demeura pantoise devant la scène qui se déroulait sous ses yeux. Elle perçut du sang ruisselant sur la tempe de son infortuné camarade, et malgré son désir de vengeance à son égard, elle voulut l'aider. Mais avec Soeur Poultchéry non loin, en plus de la présence pesante de Frère Cokrane, la peur la tétanisa... Quand soudain, le plafond puis les murs du réfectoire se noircirent. Une ombre gigantesque et menaçante venait de les recouvrir de sa sinistre parure.


Observant le phénomène en balayant du regard les alentours, le dirigeant finit par se retrouver nez à nez avec le visage glaçant de Yomika. Cette manifestation était bien d'elle, et Cokrane le savait... il n'avait d'ailleurs pas fait attention qu'elle se trouvait là, étant donné que ce n'était point ici qu'elle était censée se sustenter !

- Frapper un enfant est inacceptable ! Chuchota la jeune femme alors qu'un voile ombrageux la recouvrait, ne laissant visible que ses yeux. Je ne crois pas que je vais me montrer clémente avec vous... La charpente se mit à craquer dans un bruit sourd et continu, comme si le plafond allait s'effondrer. J'ai déjà vu des personnes mourir avec une expression de terreur figée sur leur visage éteint, sans doute avaient-elles vu ce que vous aller voir. Ce fut à partir de cet instant que le coeur de Cokrane se mit à s'emballer, allant même jusqu'à provoquer une douleur aiguë dans sa poitrine. D'une main crispée il s'en vint froisser son vêtement à l'endroit concerné, et d'un regard suppliant il demandait à Yomika de cesser sa communion avec l'au-delà.

- Vous qui avez tant insisté pour que je livre également la peur à votre étage, quel effet cela vous fait-il à présent ?! D'étranges murmures s'élevèrent depuis les coins les plus obscurs du réfectoire, certains étaient même compréhensibles et disaient des choses dans le style : "Viens me rejoindre dans les ombres", ou bien"Je vais te noyer dans la noirceur de ton âme, et tu me supplieras de t'achever !". Hélas, tout le monde était témoin de la manifestation, tout le monde pouvait donc se sentir viser par la présence... Vous et votre chien de salon allez à présent sortir d'ici et annuler votre réforme à propos des nouveaux ! Plus les secondes filaient, plus les formes d'ombre prenaient corps.

- Vous n'avez pas le... Frère Cokrane ne put achever sa phrase à cause de son coeur désormais trop nerveux pour que ce dernier soit en mesure de cacher sa peur, à tel point que sa vessie n'était plus à même de contenir son nectar aigri. Il n'eut alors d'autres choix que de plier face aux exigences de la sombre Yomika. J'ai compris ça va... j'annule la réforme et on s'en va... Dit-il haletant.

- Tout de suite ! Gronda la spiritualiste prenant peu à peu l'apparence d'un monstre. La porte de la cantine s'ouvrit d'elle-même, forçant ainsi Frère Cokrane et Soeur Poultchéry à s'extraire au plus vite de ce cauchemar éveillé ! Mais avant que les battants ne se referment derrière eux, Yomika ajouta dans une voix démoniaque : Sachez que je porterai cette affaire en haut lieu, vos jours en tant que dirigeant sont désormais comptés !

Quand les portes claquèrent, les ombres se turent et la lumière revint, le corps inerte d'Ange put de nouveau être distingué...
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MessageSujet: Re: Soir 1 : Un repas à la saveur aigre !   

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