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Les Sept Destinées ~ICI~



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 Soir 1 : Un repas à la saveur aigre !

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MessageSujet: Soir 1 : Un repas à la saveur aigre !   Sam 2 Déc - 3:12

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Les mains lavées, le visage nettoyé, les Capricieux purent ainsi faire leur entrée au réfectoire. Soeur Poultchéry ne se lassait pas d'examiner chacun d'entre eux, des fois qu'un recoin aurait été oublié. Fort heureusement, Hydran et Ange n'eurent point de mal à passer cette étape, et ce, même si se faire tripoter sauvagement comme du vulgaire bétail par cette saleté n'avait rien de plaisant. Une table avec quatre de leurs camarades les attendait. Ce n'étaient pas les plus proches d'Oriée, au moins ça... Habitué, Ange fut le premier à prendre place, et quand viendra son tour, Hydran lui fera face.

Là encore on pouvait entendre une mouche volée. Pourquoi les enfants avaient-ils la tête baissée ? Pourquoi aucun repas n'était servi ? Pourquoi le fantôme du couloir restait debout à l'entrée ? Seul réconfort éventuel, Maître Veldrin était attablé non loin. Quant à Yomika, elle se trouvait juste à côté de ce dernier, et le contraste faisait peur à voir...
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MessageSujet: Re: Soir 1 : Un repas à la saveur aigre !   Mar 26 Déc - 13:50

Je n'étais déjà pas très rassuré, voilà que la dame qui fichait la trouille s'approchait et se plaça à ma hauteur. Quoique de si près, elle avait un visage plutôt... enfin moins effrayant. Était-ce car je me focalisais sur cette partie de son physique ? Quoi qu'il en était elle me sortit une phrase qui me rendit presque fier. Moi courageux ? Je me trouvais surtout pleureur et lâche, surtout à coté de Ange. Par contre en avoir besoin ici, ça je n'en doutais aucunement. Le capitaine avait bien fait de m'accompagner car il me faudrait tout ses apprentissages pour nous en sortir, tous les deux, avec mon ami.  Enfin, sa main se tendit, paume vers le haut, et alors que je craignais ce qu'il allait se passer, de belles vibrations naquirent de sa main avant de se transformer en images...

*Maman...*

Aucun son ne sortit de ma gorge mais c'était bien elle, me bordant, le dernier soir avant que je ne parte... d'instinct je tendis ma propre main vers l'illusion mais déjà tout était finit. Les larmes avaient eu le temps de me monter au yeux et pourtant je ne rêvais pas. La dame, celle qui me faisait peur, me souriait à présent. Presque comme si elle comprenait ce que je ressentais. Alors qu'elle se relevait et se préparait à continuer sa route, je voulus la remercier, mais n'y parvint pas. Elle m'avait d'une part consolé, rassuré, et d'une autre elle m'avait montré quelque chose que j'avais oublié en une après midi. Il ne faut pas juger aux apparences. Bien sur on me l'avait enseigné, et je comprenais ce principe seulement,... déstabilisé et sans repères, j'avais un peu tout oublié dernièrement. Je rangeais donc en mon esprit la jeune femme avec Zoltos, que je respectais lui aussi. Maître Veldrin, tout comme Dame Agnès étaient bien au dessus de tout cela encore.  Tout cela ne durant que quelques secondes, je pus répondre à Ange sereinement.

- Oui... je te raconterai.

Forcément nous n'avions guère le temps de discuter. La porte de la chapelle s'ouvrait et si j'avais classé soeur poultchéry à l'opposé exact de Maître Veldrin ce n'était pas par jugement hâtif j'en était certain. Cela me fit presque sourire, et je pris la main de mon ami, la serrant doucement avec bienveillance. La vision de ma maman un peu plus tôt m'avait fait énormément de bien au moral.Le fantôme nous passa en revue puis tout en frappant dans ses mains nous enjoignit à aller nous décrotter. Je ne compris pas la fin de la phrase mais n'y prêtant pas d'attention particulière si ce n'est qu'il fallait mieux éviter "La leçon", je suivis le groupe avec mon ami.

Une fois de plus nettoyés jusqu'aux oreilles, nous devions nous rendre au réfectoire. J'avais essayé d'aider Ange mais il se débrouillait aussi bien que s'il voyait son visage. je l'admirais tellement. Une fois arrivés, et alors que je mourrais littéralement de faim mais craignais aussi cette étape de la journée, soeur Poultchéry se fit un devoir de vérifier une fois de plus notre état. Quelle horreur... je fis de mon mieux pour ne rien montrer de mon dégoût quant à son tripotage et songeait pendant ce temps à ma maman que je nommais encore et encore tel un mantra. Je suivis ensuite Ange qui, une fois de plus me bluffa en nous menant à une table contenant des places libres. Encore mieux, aucun ami d'Oriée ne traînait dans les parages. Je pris place donc, lui faisant face.

Puis je surpris le silence. Jusque là, je n'avais rien remarqué mais à présent que j'étais observateur de la scène, je voyais bien que personne ne pipait mot. Aucun repas n'était servi, et soeur Poultchéry ne bougeait pas de son poste, devant la porte. Que se passait il ? Manquait il des pensionnaires ? Non pas que je commençais à m'angoisser hein, néanmoins... je n'en étais pas loin. Je remarquais maître Veldrin attablé non loin et la dame moins effrayante à coté de lui. En d'autres circonstances j'aurais certainement éclaté de rire, à savoir que le contraste était beau à voir. Seulement au vu de la situation je ne fis rien d'autre que détourner la tête en souriant à l'intérieur de moi. Je regardais alors Ange, n'osant pas lui poser de question car tout serait entendu dans une ambiance aussi... silencieuse. Puis comme chacun, j'attendis la suite des événements.
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MessageSujet: Re: Soir 1 : Un repas à la saveur aigre !   Mer 7 Fév - 2:01


Chaque étage avait son dirigeant, et celui du Caprice n'échappait guère à la règle... Beaucoup pensaient à tort que Soeur Poultchéry en était la responsable, mais seul un homme pouvait jouir de ce droit au sein d'Atminam. Il ne paraissait que très rarement en présence des enfants, mais ce soir là, le directeur fit son entrée au réfectoire. Manifestement attendu, le fantôme du couloir fut la première à l'accueillir. Son visage était grave, et sa taille relativement chétive. Cependant, son aura dégageait une force qu'aucun môme ne pouvait comprendre ; était-il un gentil, au bien un méchant ? Toujours en silence, il s'avança dans la rangée centrale, regardant tour à tour chacun de ses petits pensionnaires. Puis il s'arrêta à la table d'Hydran, posant doucement sa main sur son épaule, il ajusta ses mots...

- Nombre d'entre vous ne m'ont encore jamais vu, aussi je me vois dans l'obligation de faire les présentations. S'annonça t-il d'une voix dénuée de chaleur. Je suis Frère Cokrane, et ma fonction est de présider l'étage du Caprice sous toutes ses formes. Une inspiration encombrée fit office de pause à son discours... Or, si je suis parmi vous en ce moment, c'est pour vous faire part de mes nouvelles réformes ! Soeur Poultchéry le suivait comme son ombre, et toujours sans savoir de quoi il allait être question, la main sur l'épaule d'Hydran se referma avec force, puis, l'incita à se lever devant tous. La première concerne les nouveaux tel que lui, tout au long de sa première semaine, il devra s'attabler là-bas ! De son index il désigna un coin vide de toute installation. Oui, tu mangeras debout afin d'aider ton organisme à digérer la nouvelle pitance, une semaine ce n'est pas grand chose à ton âge.

Remettant l'enfant aux bons soins de soeur Poultchéry, Frère Cokrane poursuivit sa marche jusqu'à la table de maître Veldrin et maîtresse Yomika.

- Dans un souci d'équité, il en ira de même pour les nouveaux enseignants. Professeur Veldrin, dit-il en secouant une mèche de ses longs cheveux argentés. ayez la bonté de vous joindre à votre élève. Veldrin, choqué parce qu'il venait d'entendre fut interrompu dans son envie de réagir par la main de Yomika effleurant la sienne. S'attirant ainsi son regard, la jeune femme lui signala d'un "non" de la tête aussi discrètement que possible de ne pas résister à cet individu. Encore un tyran devant lequel il fallait s'aplatir, c'était bien ça ?!

Ce fut donc sans discuter que maître Veldrin s'en alla rejoindre Hydran si gentiment installé par la soeur la plus infâme qui lui ait été donné de connaitre. Si il n'avait pas contesté, ce n'était pas seulement dû à l'intervention de Yomika, mais surtout par souci de ne point causer plus de tort à ces pauvres âmes innocentes. Qui savait ce qu'un homme de pouvoir désertés de tout coeur et toute raison était capable de faire lorsqu'il était en proie à la frustration... Le jeune professeur en eut un aperçu avec le fantôme du couloir, nul besoin de réitérer l'expérience avec un être plus dangereux encore.

- Ne faites pas cette tête d'enterrement, ce n'est que pour une semaine ! S'indigna le dirigeant.


Après deux ans et demi passé à cette étage, Ange avait entendu parlé de Frère Cokrane, mais jamais encore ses oreilles n'avaient pu relever sa voix. Seulement, quelle que pouvait être son importance à Atminam, c'en était juste trop ! C'était quoi encore ces règles empruntes d'une méchanceté sans nom ?! Même si il était dans l'incapacité de l'expliquer, Ange savait que ce n'était pas juste, et n'entendait pas laisser les choses se poursuivre ainsi...

- Alors je suis nouveau moi aussi ! S'écria tout-à-coup le garçonnet sans même bégayer. Et pour prouver le sérieux de ses dires, Ange se leva avec la ferme intention de rejoindre Hydran et maître Veldrin tapis dans leur coin.

Une révolte qui n'était pas pour plaire au directeur du Caprice, ce fut alors qu'il intercepta l'indocile afin de lui administrer une gifle magistrale ! Dans un cri de surprise, l'enfant s'écroula en se heurtant violemment la tête contre la table où trônait Oriée. La fillette demeura pantoise devant la scène qui se déroulait sous ses yeux. Elle perçut du sang ruisselant sur la tempe de son infortuné camarade, et malgré son désir de vengeance à son égard, elle voulut l'aider. Mais avec Soeur Poultchéry non loin, en plus de la présence pesante de Frère Cokrane, la peur la tétanisa... Quand soudain, le plafond puis les murs du réfectoire se noircirent. Une ombre gigantesque et menaçante venait de les recouvrir de sa sinistre parure.


Observant le phénomène en balayant du regard les alentours, le dirigeant finit par se retrouver nez à nez avec le visage glaçant de Yomika. Cette manifestation était bien d'elle, et Cokrane le savait... il n'avait d'ailleurs pas fait attention qu'elle se trouvait là, étant donné que ce n'était point ici qu'elle était censée se sustenter !

- Frapper un enfant est inacceptable ! Chuchota la jeune femme alors qu'un voile ombrageux la recouvrait, ne laissant visible que ses yeux. Je ne crois pas que je vais me montrer clémente avec vous... La charpente se mit à craquer dans un bruit sourd et continu, comme si le plafond allait s'effondrer. J'ai déjà vu des personnes mourir avec une expression de terreur figée sur leur visage éteint, sans doute avaient-elles vu ce que vous aller voir. Ce fut à partir de cet instant que le coeur de Cokrane se mit à s'emballer, allant même jusqu'à provoquer une douleur aiguë dans sa poitrine. D'une main crispée il s'en vint froisser son vêtement à l'endroit concerné, et d'un regard suppliant il demandait à Yomika de cesser sa communion avec l'au-delà.

- Vous qui avez tant insisté pour que je livre également la peur à votre étage, quel effet cela vous fait-il à présent ?! D'étranges murmures s'élevèrent depuis les coins les plus obscurs du réfectoire, certains étaient même compréhensibles et disaient des choses dans le style : "Viens me rejoindre dans les ombres", ou bien"Je vais te noyer dans la noirceur de ton âme, et tu me supplieras de t'achever !". Hélas, tout le monde était témoin de la manifestation, tout le monde pouvait donc se sentir viser par la présence... Vous et votre chien de salon allez à présent sortir d'ici et annuler votre réforme à propos des nouveaux ! Plus les secondes filaient, plus les formes d'ombre prenaient corps.

- Vous n'avez pas le... Frère Cokrane ne put achever sa phrase à cause de son coeur désormais trop nerveux pour que ce dernier soit en mesure de cacher sa peur, à tel point que sa vessie n'était plus à même de contenir son nectar aigri. Il n'eut alors d'autres choix que de plier face aux exigences de la sombre Yomika. J'ai compris ça va... j'annule la réforme et on s'en va... Dit-il haletant.

- Tout de suite ! Gronda la spiritualiste prenant peu à peu l'apparence d'un monstre. La porte de la cantine s'ouvrit d'elle-même, forçant ainsi Frère Cokrane et Soeur Poultchéry à s'extraire au plus vite de ce cauchemar éveillé ! Mais avant que les battants ne se referment derrière eux, Yomika ajouta dans une voix démoniaque : Sachez que je porterai cette affaire en haut lieu, vos jours en tant que dirigeant sont désormais comptés !

Quand les portes claquèrent, les ombres se turent et la lumière revint, le corps inerte d'Ange put de nouveau être distingué...
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MessageSujet: Re: Soir 1 : Un repas à la saveur aigre !   Lun 30 Juil - 14:22

Alors que l'angoisse commençait clairement à prendre racine dans mon esprit, un homme fit son apparition dans le réfectoire. Allons bon qui était ce encore ? Un autre professeur ? Non parce que j'avais pas mal de choses à retenir... Quoique à voir la réaction de soeur Poultchéry il devait être bien plus important... plus qu'elle encore. Était ce possible ici ? Je devais y croire, d'autant plus que cet homme, que je ne pouvais aucunement classer pour le moment s'arrêta juste devant notre table. Était ce volontaire ? En tout cas sa première phrase me rendit plus confiant. Pour une fois il n'était pas seul dans une situation bizarre. Peu de monde connaissait l'homme.... comment ça le directeur ? je n'avais absolument pas retenu son nom, et j'oubliais quasiment tout le reste dés l'instant ou sa poigne s'arrêta sur mon épaule. Il serrait fort en plus ! La pression me fit lever, bien que je n'en eu aucune envie. Néanmoins je craignais cet homme, je venais tout juste de le décider, et surtout soeur Poultchery qui l'avait suivi.  Et sans trop comprendre ce qui m'arrivait, je me retrouvais bientôt avec elle, en direction d'un coin de la salle. Quoi ? manger debout pour mieux digérer ? Maman ne m'avait jamais appris ça... je ne réagis pas trop, me laissant faire car vraiment perdu.

Et encore je n'étais pas au bout de mes surprises, puisqu'il ajouta que les nouveaux professeurs devaient faire la même chose ! Et ce... directeur demandait donc à maître Veldrin de me rejoindre. Je ne comprenais rien à rien, sinon qu'après un peu de temps, mon nouveau maître me rejoignit. Je ne pus que lui livrer un visage d'incompréhension totale. Je savais que les adultes aimaient se compliquer la vie et inventer plein de choses  mais bon, c'était méchant là quand même....Ce fut alors qu'Ange intervint. C'était bien une des dernières chose à laquelle je m'attendais. Mon ami savait pourtant mieux que moi qu'il fallait faire attention ici ! Le directeur réagit si vite que je n'eus pas le temps d'en penser davantage. Il gifla avec force mon ami qui s'écroula en se cognant le crâne.

-Ange ! Criais je instantanément en me précipitant à ses cotés, ignorant complètement la soeur et le directeur. Ils me faisaient peur oui, mais là, c'était mon ami, je devais être là, près de lui. Et j'y arrivais tout juste, voyant le sang sur sa tempe lorsque les murs, le plafond, tout devint noir autour de nous.

Je retins un petit cri, détestant le noir,et prit la tête de Ange pour la mettre sur mes genoux, comme j'avais vu papa le faire une fois quand maman était tombée et qu'elle ne répondait plus. Alors je reconnus la voix de la maîtresse de tout à l'heure. Apparemment elle n'était pas contente du tout. D'ailleurs il y eu des craquements un peu partout, et des murmures de voix inconnues vraiment, vraiment effrayantes. J'étais complètement tétanisé. Je détestais tout cela, mais je savais aussi que la maîtresse n'était pas méchante du moins je me forçais à le penser, qu'elle était surtout en colère contre le directeur. Alors je pris sur moi pour protéger Ange de tout ce noir. Je plaçais mon visage au dessus du sien, et étendit mes bras des deux cotés de son corps, comme pour empêcher quiconque de l'approcher. Je ne voulais plus entendre les voix, d'ailleurs des larmes coulaient sur mes joues sans que je ne m'en rende compte. J'avais peur... j'essayais de me concentrer sur la voix de la maîtresse, ne comprenant pas du tout ce qu'il se passait. Mon regard dérivait parfois sur les murs et je pouvais presque voir les voix bouger, comme si elles avaient des corps ! C'en était trop... je ne décollais plus mes yeux du visage de Ange, et ce même si mes larmes lui tombaient dessus. Cela sembla durer des heures.

Au bout d'un temps que je ne saurais définir, ayant fermé mon esprit à tout ce qui m'entourait, la lumière se fit et le cauchemar disparu.  C'est alors que, tremblant de tous mes membres, je vis vraiment Ange, le visage tout mouillé de mes larmes, et la tempe qui saignait. Je voulais l'aider, le réveiller, faire quelque chose. Et pourtant j'en étais incapable. J'osais lever la tête, voyant que le directeur et la soeur avaient disparu, surement dans le claquement de porte qu'il m'avait sembler entendre tout à l'heure. Par contre, si la maîtresse avait su me rassurer plus tôt, pour le moment je ne voyais en elle que le noir, les ombres, les murmures. Je ne savais pas ce qu'elle avait fait pour nous. Non je ne pouvais pas être rationnel maintenant. Impossible qu'elle approche. Mais alors qui allait aider Ange ?  J'appelais bientôt la seule personne en qui j'avais entièrement confiance dans cette salle, qui avait partagé un premier jour difficile avec moi et qui aimait beaucoup mon ami.

-Maître Veldrin, je vous en prie, venez aider Ange... je...je... je ne sais... je veux....

Je perdais mes mots, et le reste avec. Cette journée avait été vraiment compliquée à gérer pour moi. Je ne voulais plus faire face sans Ange. On m'avait abandonné ici, au milieu de tout ces enfants qui possédaient des pouvoirs. Certains s'en étaient même servi contre moi ou mon ami. Soeur Poultchéry s'était chargée de nous humilier, et la professeur m'avait terrorisé. Heureusement il y avait eu des passages plus doux mais là je ne les voyais plus du tout. Je voulais ma maman, mon papa, ma maison, et par dessus tout, Ange. Pourtant je n'en dis rien, je gardais tout à l'intérieur de moi, seules mes larmes parlaient. Elles coulaient sans interruption en silence, alors que je tremblais toujours ne pouvant empêcher ces réactions extérieures. Pourtant je le savais, je ne quitterai pas mon ami. Mon ancre, la lumière de ma journée et de cet endroit.
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MessageSujet: Re: Soir 1 : Un repas à la saveur aigre !   Lun 13 Aoû - 13:18


La scène avait été d'une violence rare, et la manifestation qui s'en suivit ne fut pas pour arranger le coeur de chacun, y compris celui d'Oriée. Ce fut sans doute pour cette raison qu'elle intima d'un mouvement brusque de la tête à l'un des garçons qui l’idolâtrait, de faire ce qu'il avait à faire. Nul ne pouvait comprendre cette gamine, hormis elle-même. Très intelligente mais manifestement perturbée, elle agissait à l'instinct, et en de précieux moments, à l'instar de celui-ci, il lui arrivait de faire valoir la raison. Oriée avait fait de Ange son souffre douleur, elle seule savait pourquoi. Mais dans le fin fond de son âme, elle l'aimait beaucoup. Ce paradoxe la torturait méchamment lorsque sa conscience lui revenait, comme en ce moment ou encore le soir lorsqu'elle est sur le point de s'endormir.


Comme bon nombre de ses camarades, Jareht ne suivait pas Oriée par soif de méchanceté, mais par besoin de stabilité. Bon certes, il y avait sans doute plus stable que cette demoiselle en matière de personnalité. Cependant, elle fut la seule à prendre les choses en main, et à avoir le courage de diriger. Si son groupe répondait présent à chacun de ses caprices, c'était avant tout par peur qu'elle les laisse tomber, et ainsi se retrouver aussi seul que Ange. En ces lieux sordides, l'instinct de survie primait sur tout le reste, y compris l'amitié. Alors comprenez la surprise de ce pauvre garçon lorsque Oriée lui donna son accord pour secourir Ange. Pour la première fois depuis qu'il suit la jeune fille, Jareth allait afin pouvoir faire quelque chose qu'il aime !

Silencieusement il descendit de sa chaise, alors que dans le même temps, le professeur Veldrin se précipitait jusqu'au chevet de Ange à l'appel désespéré d'Hydran, le nouveau venu. Jareth y parvint quelques secondes après mais se heurta à l'hostilité du louveteau, comme le surnommait Yomika. Heureusement alors que le maître Veldrin comprit ses véritables intentions, et put de ce fait, convaincre Hydran du bien-fondé de son action.

- Je vais le soigner. Dit-il de sa voix d'enfant.

Ce n'était pas très crédible formulé comme ça, mais lorsque Jareth imposa sa main sur le front de Ange, sa blessure disparut immédiatement et ses yeux s'ouvrirent. Puis, comme si de rien n'était, le garçon s'en retourna à sa place sans mot dire. Veldrin en demeura bouche-bée, non pas à cause du pouvoir dont le bambin était investi, mais par son comportement.


Son coeur cognait contre sa tempe, et chaque bruit l'assourdissait, hormis cela, Ange se portait plutôt bien. Avant le trou noir, il se souvenait s'être fait bousculé par Frère Cokrane pour s'être mutiné. D'ailleurs, où était-il ce monsieur ? Le jeune garçon n'entendait plus le son rauque de sa respiration. Et Soeur Poultchéry ? Ange la reconnaissait facilement, car à chacune de ses expirations, elle émettait un léger grognement, comme si elle était tout le temps en colère. Parvenait-elle encore à le produire en dormant ? L'enfant se le demandait parfois. Ce fut alors qu'il discerna la voix de son ami, Hydran était là tout près de lui, ainsi que Maître Veldrin qu'il reconnu en touchant sa toge. Il était bon de savoir que chaque professeur avait un vêtement que la tour lui fournissait, et qu'il se devait de le conserver jusqu'à sa retraite. En guise d'exemple, l'ensemble de Soeur Agnès était devenu pelucheux et usé par certains atours, alors que celui de Maître Veldrin était soyeux, dépourvu de la moindre imperfection, preuve qu'il était neuf.

Puis la porte du réfectoire s'ouvrit dans un grincement funèbre. Alors que tous les autres tournaient leur regard dans la direction du nouvel arrivant, certains bloquant même leur respiration en pensant y voir surgir le Directeur et sa suppléante. Ange sut immédiatement de qui il s'agissait, son parfum ne pouvait pas le tromper. Et alors qu'il était toujours étendu à même le sol, on put le voir sourire à pleines dents.


Légèrement essoufflée, Soeur Agnès s'avança. Enfin, c'était le dernier réfectoire. Depuis le sommet de la tour, ça en faisait de la trotte. Et dire qu'il lui faudra tout remonter ensuite. Elle n'était certes pas très vieille, mais son corps commençait à accuser ses premières rides. Comme de l'arthrose dans les genoux par exemple. Elle aperçut Hydran, Veldrin ainsi que Ange en premier. Ses trois favoris ensemble, presque unis dans un même corps, ça faisait chaud au coeur. Mais là n'était pas l'objet de sa visite, une nouvelle d'importance et quelque peu improviste réclamait sa présence à chaque étage pour en faire l'annonce. Aussi, après avoir balayé la salle des yeux, elle demanda : - Mais que s'est-il passé ici ?

Sur cette interrogation des plus légitimes, Maîtresse Yomika se présenta devant la Soeur avec pour intention de lui expliquer l'ensemble des événements. Au fur et à mesure de son récit, on pouvait distinguer les traits changeants de son visage. D'un air calme et serein, il laissa place à la honte et au dégoût. D'abord outrée par ce débordement, Agnès se reprit afin de procéder à son allocution.

- Pardonnez-moi les enfants, j'ignorais que c'était grave à ce point là. Toutefois, l'occasion m'est aussi donnée de mettre un terme à cette anarchie, car voyez-vous, demain nous avons la visite de la grande Impératrice Irlina ! Vous avez ma parole que Frère Cokrane et Soeur Poultchéry ne resteront pas impunis de leurs méfaits. Elle prit un instant afin de reprendre son souffle. Vous n'aurez aucun cours demain, et vous serez libre de poser des questions à l'Impératrice. C'est la première fois qu'elle vient visiter Atminam, alors n'hésitez pas à lui faire découvrir votre quotidien, car si quelqu'un peut changer les choses ici, c'est bien elle. Termina t-elle en posant une douce main sur l'épaule d'Hydran.

-*Maman...* Songea Oriée depuis sa table.
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MessageSujet: Re: Soir 1 : Un repas à la saveur aigre !   

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Soir 1 : Un repas à la saveur aigre !

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